La phénoménologie de l'affectivité

par Ondr̆ej S̆vec

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Pierre-François Moreau et de Karel Thein.

Soutenue en 2006

à Lyon, Ecole normale supérieure en cotutelle avec l'Univerzity Karlovy v Praze , en partenariat avec École normale supérieure-Lettres et sciences humaines (Lyon) (autre partenaire) .


  • Résumé

    D'abord, je compare les théories des passions de Descartes et de Spinoza, en évaluant leur impact sur la distinction traditionnelle de l'âme et du corps. J'analyse en détail l'hésitation cartésienne entre deux approches des émotions : d'une part, Descartes explique les émotions en tant qu'états psychologiques selon l'ordre des raisons; de l'autre, il rend compte des émotions à partir de leurs causes corporelles. Spinoza, quant à lui, situe les émotions dans l'enchaînement global des causes naturelles, mais le problème reste le même : nous pouvons causalement relier les émotions aux autres états psychiques tels que les croyances, désirs et jugements ou bien nous pouvons les expliquer en tant que processus du corps objectif. Il faut donc dépasser la faille explicative entre l'approche psychologique des émotions. Je m'oppose au réductionnisme de la "neuroscience affective", car les différences objectives, constatées au niveau physiologique, ne suffisent pas à rendre compte de la divergence qualitative entre les sensations (comme douleur ou la faim) et les émotions, qui peuvent être évaluées quant à leur caractère approprié ou leur degré de rationalité. En effet, les émotions, à la différence de simples sensations, comportent des jugements implicites concernant notre relation à l'environnement. En même temps, je m'oppose aux approches intellectualistes, qui assimilent les émotions aux "attitudes prépositionnelles". Enfin, je présente ma propre théorie phénoménologique des émotions en tant qu'évaluations corporelles qui devrait fournir une réconciliation des deux approches susdites.

  • Titre traduit

    Phenomenology of affectivity


  • Résumé

    First, I compare Descartes' and Spinoza's theories of passions and I evaluate the impact of those theories on the traditionnal body-mind problem. I analyze in detail Descartes' hesitation between two accounts of emotions : on one hand, Descartes explained emotions as psychological states having their reasons; on the other, he accounted for them by their physiological causes. In Spinoza's naturalistic approach, emotions are analyzed in their own terms, neither specifically material. But the problem for Spinoza remains the same and its is the one we are still facing nowadays : we can causally connect emotions with other cognitive states such as believes, desires and judgments, or we can explain them in terms of bodily processes. It seems thus necessary to bridge the explanatory gap between the psychological and physiological accounts of emotions. I resist the reductionist approach of contemporary "affective neuroscience" since objective differences on the physiological level cannot explain the qualitative discrepancy between more sensations (e. G. Headache or hunger) and emotions that can be evaluated according to their appropriatieness or (ir)rationality. This is because emotions, unlike feelings, involve implicit judgments of the changes in one's relationship to the environment. But, I also resist the cognitive approaches to emotions according to which emotions consist mostly in "propositional attitues". Finally, I present my own "somatic appraisail theory" inspired by phenomenology that should provide a reconciliation of the two approaches. I argue that through emotions, we are bodily evaluating the relationship between our goals and our environment.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (295 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f.288-295. Notes bibliogr.

Où se trouve cette thèse\u00a0?