Une sociologie de la médiation : la stratégie absolutiste de la modération

par Etienne Bigot

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Francis Farrugia.


  • Résumé

    Notre recherche saisit la médiation comme un objet sociologique et le situe au cœur d’un fait social total. Non réductible à une technique de résolution des conflits, sa définition est complexe car produite au gré de ses applications. La problématique tient tout de même compte de la permanence du mot qu’elle teste sur les champs des médiations familiales, pénales et sociales servies par la constante de l’intégration. Cette progression dans la “déconstruction” de la médiation permet de questionner son absorption des dimensions du conflit et du tiers. Un retournement logique de l’arrivée du médiateur sur le théâtre conflictuel le rend médiateur de la médiation. Il incarne alors la capacité de la médiation à la duplication de son mode opératoire. Ce mécanisme troublant sera confirmé par l’analyse des discours dans et autour du dispositif Emplois-jeunes à la fin des années 90 et par la saisie bibliographique sur ce thème. Indispensable à la régulation et au contrôle du monde social, la médiation justifie la notion de lien. Elle devient ainsi un outil de constitution du social, même lorsque celui-ci se retourne pour modéliser et animer une critique de fond de sa production, qu’elle soit civile, politique ou économique. En laissant croire que tout problème n’est acceptable que parce qu’il sera dissous par elle, la médiation change de destinée et accède au rôle de religion civile. Elle fonctionne alors par échange entre l’immanence et la transcendance, obligeant celui qui trouble l’ordre social à revenir naturellement à l’ordre des choses par crainte du pire. Philosophie raisonnable, la médiation devient la quête et la raison de vivre des humains vivant ensemble

  • Titre traduit

    A sociology of mediation : the absolutist strategy of moderation


  • Résumé

    Our research sees mediation as a sociological object and places it at the heart of a total social fact. It cannot be reduced to a technique for conflict resolution, but its definition is complicated insofar as it is produced by its different applications. The problematic nevertheless takes into account the permanency of the word, which is examined in the context of familial, penal and social mediation. This progression in the “deconstruction” of mediation allows us to question how it absorbs the dimensions of conflict and the third party. In a logical reversal of roles, the arrival of a mediator upon the scene of a conflict makes him the mediator of his mediation. This troubling mechanism will be seen to be confirmed by discourse analysis of the Emplois-jeunes scheme in France in the 1990s and by a bibliographical survey of this theme. As an indispensable means of regulation and control of the social world, mediation is a justification of the notion of connection. It thus becomes a tool in the production of the social, even when this tool is turned back on itself to model, and prompt a fundamental critique of its production, be it civil, political or economic. By giving the impression that any problem is only acceptable because it will be dissolved by mediation, the role of the latter changes to one of a civil religion. It then operates through an exchange between immanence and transcendence, forcing the party troubling the social order to go back to the order of things for fear of worse to come. As a philosophy of the reasonable, mediation becomes the quest, and the reason for living, of human beings living together

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Informations

  • Détails : 1 vol. (483 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 454-472

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire. Section Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : LET.BESA.2006.1035
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