L'Experience musicale dans les oeuvres de Gert Jonke et de Pascal Quignard : l'écriture face au risque de la musique

par Isabelle Soraru

Thèse de doctorat en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Michèle Finck.

Soutenue en 2005

à l'Université Marc Bloch (Strasbourg) .

  • Titre traduit

    The Musical experience in the works of Pascal Quignard and Gert Jonke : writing faced with the risk of music


  • Résumé

    Les œuvres de Pascal Quignard et de Gert Jonke témoignent d'un rapport à la musique tout à fait privilégié, ouvrant le dialogue entre littérature et musique. Ce travail tente d'en explorer les points de contact, tout en convoquant d'autres œuvres littéraires, à partir de la notion d'expérience entendue dans son sens étymologique : l'ex-periri latin, c'est-à-dire la traversée d'un danger. Car si la musique semble être la promesse de l'œuvre littéraire, elle pourrait bien se poser également comme possible menace : la fascination de l'écrivain pour celle-ci étant toujours au risque de la révélation des limites de l'écriture. Dans un premier temps, l'œuvre musicale se pose comme une sorte d'énigme pour l'écriture, source d'une certaine fascination pour l'écrivain. Dans des formes de " biographies rêvées ", Pascal Quignard comme Gert Jonke s'intéressent à des figures de compositeurs, en entrecroisant fiction, biographique et œuvre musicale comme s'il s'agissait de révéler, en s'imprégnant d'une esthétique musicale, la vérité d'une existence. Cependant, la référence musicale ou la biographie ne constituent pas le cœur de ces récits. Pour comprendre la véritable place de la musique dans l'œuvre littéraire, il convient de s'intéresser à l'expérience sonore et musicale en tant que telle : l'irruption de la musique est, en ce sens, semblable à l'intrusion d'une altérité fondamentale. Ainsi, l'expérience musicale révèle au sujet qui l'éprouve sa propre étrangeté, et est marquée par une profonde instabilité : brouillant les frontières entre intériorité et extériorité, elle est le lieu d'une lutte entre la " Parole " et la " Mort " (Alejo Carpentier) et menace alors le langage lui-même. La rencontre avec la musique donne lieu à des poétiques de l'écriture portant les traces de son passage, et l'art musical semble alors ne pouvoir être pensé que comme un en deçà ou un au-delà de l'œuvre littéraire, questionnant le rapport de l'écrivain à son propre langage.


  • Résumé

    The works of Pascal Quignard and Gert Jonke hold a privileged relationship with music, opening a dialogue between literature and music. This work attempts to explore this dialogue while evoquing other literary pieces. The term “ experience” is etymologically understood : “ex-peririr” signifies, in Latin, the crossing of danger. If music can be seen as a promise for literary work, it can also be seen as a menace : the writer's fascination with music is always accompanied by the revelation of writing's limits. The conjunction between music and literature has repercussion on a writing' poetics : music can finally be thought of as something preceding or exceeding the literary work, while questioning the writer's relation to his own language.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (612 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 557-583. En annexe documents iconographiques

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  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,1
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