La fédération des jeunesses laïques et républicaines : un apprentissage politique et civique dans la France de l'entre-deux-guerres (1924-1939)

par Cédric Meletta

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Gilles Le Béguec.

Soutenue en 2005

à Paris 10 .


  • Résumé

    Dans la confidentialité la plus totale, les " Jeunesses laïques et républicaines " ont célébré leur 80ème anniversaire le 6 avril 2004. Ses " petites équipes ", si nombreuses et si clairsemées à la fois puisqu'elles déterminent l'un des mouvements de jeunesse les plus importants de l'entre-deux-guerres français, tenteront de retrouver leur place dans une histoire qui les a délaissées, et ce, à travers le prisme de trois questions : pourquoi, où et comment ? Pour rendre raison de sa naissance, de ses évolutions et des ses postérités, il importe sans doute de remonter plus haut que 1924, date de son apparition officielle ; de regarder plus loin que le petit groupe d'amis qui en est à l'origine au moment où le XXe siècle n'en est qu'à balbutier. On peut dire si l'on veut ramasser une réalité complexe et vaste dans une formule simple, que les JLR se sont façonnées un peu plus encore au nœud de trois moments rédempteurs : celle d'une société, interrogée par la condamnation inique d'un innocent, puis bouleversée par la guerre et bientôt par la grande dépression économique ; celle du mouvement ouvrier et des classes laborieuses, déchirés par la révolution bolchevique ; celle enfin consécutive au besoin de réaction suscité par la menace catholique qui maintient son emprise pluriséculaire sur la vie quotidienne des français de l'enfance au trépas. Finalement, on ne pourra tenir pour négligeable l'itinéraire de cette "association-carrefour", voire de ce courant de pensée tout entier, qui, durant plusieurs décennies, a généré tant de " sociétés " locales ou affiliées et stimulé la vie de nombreux mouvements sympathisants. Sous l'effet des cycles générationnels, des milliers de jeunes français ont milité dans leurs rangs, à la tête desquels se sont placées, de Félix Gouin à Edouard Daladier, en passant par Jean Zay, Jean Moulin, André Morice, Henri Laforest, Léon Martinaud-Déplat, Ernest Pérochon, Dominique Braga, Alfred Silbert, quelques-unes des plus éminentes personnalités de la littérature, des sciences, de la philosophie, du monde juridique et de plusieurs grandes familles politiques. L'activité continue de ses fédérations et sections, dans lesquelles se tissent nombre de réseaux et s'imbriquent autant de sociabilités périphériques, entremêle défense de la République, recherche d'un idéal philosophique (le libre examen) et nouvelles valeurs socioculturelles (le laïcisme, la mixité, la démocratisation des savoirs et des loisirs).

  • Titre traduit

    ˜The œ"jeunesses laïques et républicaines" federation : a political and civic initiation in interwar France (1924-1939)


  • Résumé

    The JLRs (French republican secular societies) celebrated their 80th anniversary on 6 April 2004 completely away from the public eye. These small groups constituted the most important youth movement during the inter-war period. However, despite the fact that they were both numerous and widespread, they do not as yet have their place in history, which can now be rectified by documenting why, where and how they came into existence. In order to explain the origins, evolution and heritage of the movement, one must look back further than 1924, the date it was officially founded, and past the small group of friends which launched it on the dawn of the twentieth century. The Dreyfus Affair, the Great War, and the Stavisky Affairs, amongst other events, contributed in their own way, to the development and recognition of the JLR movement. In simple terms, the JLRs grew as a result of three key sets of circumstances, which advocated their cause in the eye of the population. Firstly the French public opinion was confused by the unfair condemnation of an innocent man, shaken by the war, and later shocked by the great economic depression. Secondly, the working classes and trade unions were in turmoil over the bolchevic revolution. And thirdly, came the need for a reaction against the influence of the Catholic Church, which had maintained its threatening hold over the life of the French population from the cradle to the grave for centuries. Finally, emphasis should be put on the importance of this movement, this school of thought, which sat at the core of society's spheres of influence, and which during several decades, generated many local or affiliated societies, and spurred the creation of similar movements. In subsequent generations, thousands of young French people populated these groups, lead by the likes of Félix Gouin, Edouard Daladier, as well as Lucien Victor-Meunier, Louis Ripault, Jean Zay, Jean Moulin, André Morice, André Berthet, Henri Laforest, Léon Martinaud-Déplat, Robert Tenger, Ernest Pérochon, Dominique Braga, Alfred Silbert, some of the most eminent personalities in literature, science, philosophy, law and of many important political families. The continuous activity of its segments and federations, among which many networks developed, and to which other informal affiliated circles attached themselves, married movements in favour of the defence of the French Republic, the philosophical quest for an ideal (libre examen), and the development of new socio-cultural values (secularity, mixed education, democratisation of education and leisure).

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  • Détails : 3 vol. (pagination multiple [1065] p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 05 PA10-79 (1-3)
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