Deleuze, Derrida : la doublure de la différence

par Eszter Horváth

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Stéphane Douailler et de Béla Bacsó.

Soutenue en 2005

à Paris 8 en cotutelle avec l'Eötvös Loránd tudományegyetem (Budapest) .


  • Résumé

    Le travail présenté est une tentative pour penser ensemble dans une sorte de dialogue deux philosophies emblématiques de la différence, celles de Gilles Deleuze et de Jacques Derrida, afin de mettre à jour, conformément à l’hypothèse explorée par le mémoire de thèse, une ontologie théâtrale impliquée par la différence. Cette rencontre semble répéter une scène platonicienne, celle de la mimésis, celle justement de la proximité absolue du double. Distinguer entre la bonne et la mauvaise répétition, la répétition et la représentation, la différence et la répétition, la différence et la différance – telle est la tâche infinie, l’héritage platonicien des philosophies de la différence. Les philosophies de Deleuze et de Derrida s’inscrivent dans l’histoire des doubles inséparables, de la doublure en soi, en tant qu’elle est histoire de la mimésis, de la répétition, de la représentation, de la différence donc. On ne parviendra jamais à distinguer entre différence et différance. Tout comme on ne parviendra jamais à faire la différence entre répétition et représentation, ou bien entre parole et écriture, entre théâtre et cinéma – Deleuze et Derrida jouent dans tous ces registres la même scène platonicienne. Grâce à la déconstruction de l’héritage nietzschéen de la répétition et celui platonicien de la mimésis, la différence devient le principe actif par excellence, le sujet même de la philosophie. Penser, donc, revient à déconstruire et reconstruire le sujet de la philosophie. C’est ici que les deux philosophies de la différence se touchent : dans l’image du penseur. Mon travail dans cette thèse a consisté à repenser la différence en tenant compte du penseur qu’elle exige, de la personne pré-individuelle et impersonnelle qui la pense, qui joue le rôle principal dans le jeu de la différence. Cela revient à penser ensemble les héritages cartésien et bergsonien de Deleuze, et ceux freudien et lacanien de Derrida. Et après tant de différences, les images du penseur se mettent à coïncider chez les deux philosophes en ce point : l’origine de la pensée comme surgissement d’abord du Je qui pense depuis l’origine, c’est-à-dire depuis la limite inconsciente du sujet impersonnel et pré-individuel. Même si, pré-individuelle et impersonnelle, vide ainsi qu’elle l’est, cette ultime instance de la pensée garde les traits d’une personne qui deviendra capable de dire Je. Elle sera bien représentable, et le fou, le schizo, le mime, l’acteur, en seront l’image.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (249 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 234-246

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TH 2316
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