Corps furieux, corps souffrants : violence et cruauté dans le théâtre contemporain de langue allemande

par Eliane Poulain-Beaufils

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Jean-Marie Valentin.

Soutenue en 2005

à Paris 4 .


  • Résumé

    A l'origine de ce travail, il y a le constat d'une apparition de plus en plus fréquente de la violence sur les scènes allemandes et autrichiennes. S'agit-il d'un épiphénomène sans portée particulière, témoin d'une impasse idéologique et du besoin de faire concurrence aux arts audiovisuels ? Ou est-ce là le reflet d'une mutation plus profonde de notre vision de l'humain, intégrant une cruauté jusqu'alors reléguée au rang de tabou ? On assiste peut-être à une application spontanée des théories d'Antonin Artaud, lequel entendait dans les années 1930 promouvoir un théâtre de la cruauté, mais remettait également en question le vieil antagonisme entre culture et violence. Aussi nous nous attachons dans un premier temps aux pièces qui semblent relayer l'optique antagoniste traditionnelle en condamnant la violence qu'elles portent sur la scène, ce qui est le fait d'auteurs secondaires aussi bien que d'auteurs renommés comme Dea Loher ou Elfriede Jelinek. Nous présentons ensuite des œuvres qui s'abstiennent de tout jugement unilatéral sur la violence, chez des auteurs aussi variés que Dirk Dobbrow, Albert Ostermaier et surtout Werner Schwab. Si les préoccupations esthétiques paraissent plus importantes dans ces dernières pièces, la représentation de la violence s'accompagne toujours d'un questionnement sur ses modalités et sur la nature du théâtre. Ainsi, ce théâtre est révélateur des tensions qui traversent le monde culturel actuel, tant sur un plan intellectuel que sur un plan esthétique.

  • Titre traduit

    Violence in contemporary german and austrian theatre


  • Résumé

    We thought of undertaking this work after noticing the increasing appearance of violence on the germanspeeking stage in the 1990s. One can doubt whether it is a simple epiphenomenon that bears witness to the ideological impasse and the need to compete with audiovisual arts. It may reflect a more profound mutation of our vision from the human, that integrates a cruelty considered until then as a taboo. A spontaneous application of the artaudian theories may take place: Antonin Artaud promoted in the 1930s a theatre of cruelty which also brought into question the old antagonism between culture and violence. We therefore study playwrights that seem to rest on the traditionnal antagonist point of view, condemning the violence they produce: this occurs in works of secondary authors as easily as in those of renowned authors like Dea Loher or Elfriede Jelinek. We then present the playwrignts that avoid every unilateral judgment by various authors, so as Dirk Dobbrow, Albert Ostermaier and above all Werner Schwab. Even if aesthetic concerns seem more important in these last works, the performance of violence is always accompanied by a questionning about its modes and about the nature of theatre. So these works reveal the tensions going through the actual cultural world, on an intellectual plane as well as on an aesthetic one.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (600 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 603 références bibliographiques

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