Territoire, saisonnalité et gestion des ressources en Amazonie vénézuelienne

par Edgar Gutierrez

Thèse de doctorat en Ethnoécologie

Sous la direction de Marie Roué et de Claudine Friedberg.


  • Résumé

    L'objectif de cette thèse est de mettre en évidence comment une communauté amérindienne arawak de l'Amazonie vénézuélienne se représente son milieu et les pratiques qu'elle applique dans la gestion des espaces et des écosystèmes. Les données réunies dans ce travail, à caractère interdisciplinaire, tentent de répondre aux différents types de problèmes qui se posent dans la délimitation d'un territoire indigène, en particulier par rapport à sa construction sociale. Pour cela, ce mémoire consacre une première partie à présenter des généralités sur le contexte géographique, écologique, historique et culturel de l'ouest de l'Amazonie vénézuélienne où est établie la communauté autochtone qui a fait l'objet de notre étude. Puis, il présente un tableau général du cadre de vie des habitants de La Comunidad, en discutant brièvement de leur appartenance ethnique et des différents types de responsabilité dans la vie sociale. Leur vie religieuse a été également abordée, dans la mesure où elle a une incidence sur la gestion des ressources naturelles. Plusieurs variables culturelles se combinent dans la représentation que les habitants se font de leur territoire et la connaissance qu'ils en ont. Tout d'abord, nous avons rassemblé des données historiques sur l'occupation de l'espace par les habitants de La Comunidad. Puis nous exposons l'influence des variations spatio-temporelles des facteurs hydriques et climatiques sur la saisonnalité des disponibilités qualitatives et quantitatives des ressources floristiques et faunistiques et leurs relations avec les activités productrices. Nous présentons ensuite les différentes catégories écologiques reconnues par les habitants dans leur environnement en relation avec l'utilisation du territoire. Puis nous examinons la façon dont les habitants de la Comunidad se représentent leur territoire et prennent en compte les relations avec les êtres spirituels. Enfin, nous examinons la résultante sur la représentation qu'ils se font de leur territoire, de la combinaison de tous ces éléments alliant observations et imaginaire. Nous terminerons par un exposé sur l'analyse des différents droits de propriété, des droits d'usage et des modalités d'appropriation du territoire et des ressources, en regard de droits exprimés par la législation de l'Etat vénézuélien. Les deux derniers chapitres sont consacrés à des généralités sur l'alimentation pour, ensuite, examiner en détail son rapport avec les différentes pratiques liées à l'utilisation du milieu : l'agriculture, la pêche, la chasse, la cueillette et le ramassage. La conclusion souligne la difficulté des populations indigènes à faire concorder au mieux leurs représentations du territoire qu'elles revendiquent, avec des règles d'accès précises, et une logique administrative de l'Etat qui leur est étrangère. Cette (La) pression extérieure à leur monde les amène actuellement à réduire l'espace de production et de prélèvement des ressources alimentaires et, par conséquence, la durabilité de l'agriculture et la transmission de leurs savoirs, mais pas les espaces soumis à l'influence des êtres spirituels.


  • Résumé

    The purpose of this thesis is to show how an Amerindian Arawakan community of the Venezuelan Amazon basin represents itself its environment and the practices that it applies for the management of the spaces and the ecosystems. The data showed in this interdisciplinary work, is an attempt to answer the different questions posed about the delimitation of indigenous people's territories, particularly related to its social structure. The first part of this memory presents an overview of the geographic, historical and cultural context of the west Amazon Venezuelan basin, where the autochthon community object of our research inhabits. Then, a general table of life about the inhabitants of La Comunidad is presented, discussing briefly their ethnic identity and the different types of membership's responsibilities in the social life. Their religious life have been analysed as long as it affects the natural resources management. Several cultural variables are combined in the form the inhabitants use to present their territory and knowledge they have of it. Firstly, we gathered historical data on the occupation of space by the inhabitants of La Comunidad. Then we expose the influence of the space-time variations of the hydrous and climatic factors on of the qualitative and quantitative availabilities of the floristic and animal resources and their relationship to the productive activities. Then, we present the various ecological categories recognized by the inhabitants in their environment related to the use of the territory. Afterwards, we examine the way the inhabitants of La Comunidad represent their territory and take into account the relations with the spiritual beings. Finally, we review the results of the representation they made of their territory, based on the combination of all these elements, conjugating observations and imaginary. We will finish exposing the analysis of the property rights, and the methods of appropriation of the territory and the resources, compared to the rights expressed by the legislation of the Venezuelan Administration. The two final chapters are dedicated to general information related to the food, in order to examine in detail its relationship with the different practices linked to the use of the medium: agriculture, fishing, hunting, and the gathering. The conclusion emphasizes the difficulty of the indigenous populations trying to link, in the best possible way, their representations of their territory, to the precise access rules asserted by the administrative logic of the State, which is foreign for them. This external pressure over their cultural world currently leads them to reduce the space of production and extraction of the alimentary resources and, consequently, the durability of agriculture and transmission of their knowledge, excepting the spaces subjected to the influence of the spiritual beings.


  • Résumé

    El objetivo de esta tesis consiste en poner en evidencia cómo una comunidad amerindia arawako de la Amazonia venezolana se representa su medio y las prácticas que aplica en la gestión de los espacios y ecosistemas. Los datos reunidos en este trabajo, de carácter interdisciplinario, intentan responder a los distintos tipos de problemas que se plantean en la delimitación de un territorio indígena, en particular con relación a su construcción social. Para eso, esta memoria consagra una primera parte a presentar generalidades sobre el contexto geográfico, ecológico, histórico y cultural del oeste de la Amazonia venezolana donde esta establecida la comunidad autóctona que fue objeto de nuestro estudio. Luego, presenta un cuadro general de vida de los habitantes de La Comunidad, discutiendo brevemente de su pertenencia étnica y los distintos tipos de responsabilidad en la vida social. Su vida religiosa se abordó también, en la medida en que ésta tiene una incidencia sobre la gestión de los recursos naturales. Diversas variables culturales se combinan en la representación que los habitantes se hacen de su territorio y el conocimiento que tienen de éste. En primer lugar, se compiló datos históricos sobre la ocupación del espacio por los habitantes de La Comunidad. Luego se expone la influencia de las variaciones espacio-temporales de los factores hídricos y climáticos sobre el carácter estacional de la disponibilidad cualitativa y cuantitativa de los recursos florísticos y faunísticos, asi como su relación con las actividades productivas. Presentamos a continuación las distintas categorías ecológicas reconocidas por los habitantes en su medio, en relación con la utilización del territorio. Luego se examina la forma en que los habitantes de La Comunidad se representan su territorio y tienen en cuenta las relaciones con los seres espirituales. Por último, se examina el resultado de la representación que se hacen de su territorio, sobre la base de la combinación de todos esos elementos, que conjugan observaciones e imaginario. Terminaremos por una exposición sobre el análisis de distintos derechos de propiedad, de derechos de uso y de modalidades de apropiación del territorio y los recursos, respecto a derechos expresados por la legislación del Estado venezolano. Los dos últimos capítulos se consagran a generalidades sobre la alimentación para, a continuación, examinar en detalle su relación con las distintas prácticas vinculadas a la utilización del medio: la agricultura, la pesca, la caza y la recolección. La conclusión destaca la dificultad de las poblaciones indígenas para hacer corresponder lo mejor posible sus representaciones del territorio que reivindican, donde rigen normas precisas de acceso, con una lógica del Estado venezolano que les es extranjera. La presión exterior sobre su mundo cultural les lleva actualmente a reducir el espacio de producción y extracción de los recursos alimentarios y, por lo tanto, la durabilidad de la agricultura y la transmisión de sus conocimientos, exceptuando los espacios sujetos a la influencia de los seres espirituales.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (322 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 311-320

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2005 -- 55

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