Thérapie et logos : Lectures et questionnements philosophiques autour de la thérapie de Viktor Frankl

par Pascal Le Vaou

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-Paul Resweber.

Soutenue en 2005

à Metz .


  • Résumé

    La logothérapie de Frankl est presque inconnue en France. Or, en s'inspirant de l'anthropologie métaphysique de Max Scheler et de la phénoménologie, Frankl a su mettre l'accent sur la personne, et à l'instar des existentialistes, sur la liberté de l'homme, tout en se gardant de tout nihilisme au profit de ce qu'il a lui-même appelé un optimisme, tragique. La question qui se pose est alors de chercher à déterminer dans quelle mesure, pour s'être appuyé sur Scheler, Frankl n'a pas trop ancré son discours dans une approche de type métaphysique remise en question par les pensées issues de la Destruktion heideggérienne de la métaphysique (dont la déconstruction derridienne), et par le structuralisme, ce qui pourrait en partie expliquer son absence d'influence en France. Heidegger et Derrida ont le mérite de pointer tout deux avec justesse les risques de fermeture à l'altérite que comporte la vision d'un Logos ou le réel rejoint le rationnel, sans possibilité de jeu. En ce sens la différence ontologique et la Différance derridienne ouvrent des perspectives salutaires pour une approche moins dogmatique de la pensée, même s'il faut prendre garde au risque éthique que peut comporter cette " destruction " du Logos : tout ne se vaut pas, et il y a bien des valeurs qui ne peuvent être déconstruites. En lien avec cette question du logos et des valeurs, la question du statut de la religion et du discours théologique chez Heidegger et Derrida est abordée longuement, en comparaison avec la perspective de Frankl. Un autre aspect de la déconstruction derridienne est abordé, celui de la mise en avant par Derrida de la matérialité du langage, et de l'identification à la suite de Saussure du langage et de la pensée. Cette identification n'apparaît plus tenable. A ce titre, les perspectives ouvertes par Husserl dans sa critique du psychologisme demeurent toujours actuelles, et la " théorie de l'esprit " de Scheler reprise par Frankl n'est peut-être pas aussi caduque qu'on pourrait le penser, même si elle ne va pas sans poser un certain nombre de difficultés. Enfin, la pensée de Frankl rejoint sur bien des aspects les perspectives qui furent celles d'un Henri Ey à l'interface de la psychiatrie et de la phénoménologie, ainsi que celles de Paul Ricœur, ce qui laisse augurer une possibilité d'articulation entre Frankl et la réflexion philosophique dans le champ intellectuel français

  • Titre traduit

    Thérapiy and logos : Philosophical readings and questionings about Victor Franll's logotherapy


  • Résumé

    Frankl's logotherapy is almost unknown in France. However, while taking as a starting point the metaphysical anthropology of Max Scheler and in phenomenology, Frankl has laid stress on the person, and following existentialists, on man's freedom, while being kept of any nihilism to the profit of what he himself called an tragic optimism. The problem is then to seek to determine up to what point, to have rested on Scheler, Frankl had not too much anchored its speech in an approach of the metaphysical type, called in question by the thoughts resulting from Heidegger's Destruktion of metaphysics (of which Derrida's deconstruction), and by structuralism, which could partly explain its lack of influence in France. Heidegger and Derrida have both the credit to point with accuracy the risks of closing to otherness, which is the vision of a Logos put in the same categories as real or rational, without possibility of play. In this direction ontological difference and Derrida's Différance open salutary prospects for a less dogmatic approach for thought, even if it is necessary to take guard to the ethical risk which this destruction of the Logos can involve : it is not true that " anything goes ", and there are many values which cannot be deconstructed. Connected with this question of logos and values, the question of the statute of religion and theological speech at Heidegger and Derrida is tackled lengthily, in comparison with the prospect for Frankl. Another aspect of Derrida's deconstruction is taked up, that of the setting ahead by Derrida of language's materiality, and the identification following Saussure of language and thought. This identification does not appear bearable any more. For this reason, the prospects opened by Husserl in its critic for psychologism remain always current, and Scheler's " theory of mind (spirit) " taken again by Frankl is perhaps not as null and void as one could it think, even if it does not go without raising a certain number of difficulties. Lastly, the thought of Frankl joined on many aspects the prospects which were those of a Henri Ey at the interface of psychiatry and phenomenology, like those of Paul Ricœur, which lets forecast a possibility of articulation between Frankl and the philosophical thought in French intellectual field

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Informations

  • Détails : 1 vol. (387 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 379-86

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  • Bibliothèque : Université de Lorraine. Direction de la documentation et de l'édition. Bibliothèques Metz et Moselle.
  • Non disponible pour le PEB
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