Le totalitarisme : la philosophie à l'épreuve de l'histoire

par Florent Bussy

Thèse de doctorat en Philosophie morale et politique

Sous la direction de Dominique Folscheid.

Soutenue en 2005

à Marne-la-Vallée .


  • Résumé

    Le totalitarisme est un événement majeur du XXe siècle. Il a exercé une violence sans précédent, motivée par le fantasme d’une société une (clôture de l’espace social sur lui-même, coïncidence du pouvoir et de la société, dépassement des différences et des divergences), parce que la traduction de cette prétention est la terreur qui sépare les êtres entre le groupe promis au salut et les ennemis de l’humanité promis à la mort. Mais le totalitarisme n’est pas sans origines, on doit au contraire en étudier l’ancrage dans la modernité et dans les crises que celle-ci a connues au début du siècle. Déterminer ces origines, c’est être en mesure de comprendre les fondements des systèmes totalitaires. Ainsi peut-on voir dans la Première Guerre mondiale la source de la violence sans borne du totalitarisme, parce qu’elle a inauguré la guerre totale. Le concept de totalitarisme n’a cessé de diviser les intellectuels et les politiques, parce qu’il implique le rapprochement du communisme et du nazisme, par-delà leurs différences idéologiques. D’où la nécessité d’une étude critique approfondie des objections qui lui sont opposées et des limites de sa validité. Le totalitarisme a constitué une mise en question radicale des principes de la modernité politique (liberté, constitutionnalité de l’exercice du pouvoir, rationalité), mais il a également hérité de conditions historiques propres à cette époque (atomisation des sociétés de masse, moyens modernes de communication et de gouvernement), ce qui nous conduit à interroger les ambiguïtés des valeurs modernes. Mais doit-on, à l’issue de l’expérience du totalitarisme, de cette tragédie du siècle, faire le deuil de toute aspiration au progrès (utopie, démocratie) ? N’est-il pas plutôt nécessaire, en déterminant le sens de la rupture totalitaire, de son rejet de toute communauté, de montrer que la politique ne peut pas aspirer à l’absolu (Révolution), à l’Un sans sombrer dans une barbarie insondable, dans un « mal absolu » ?

  • Titre traduit

    Totalitarianism : philosophy trying to cope with history


  • Résumé

    Totalitarianism has been a major event of the 20th century. It fostered unprecedented violence motivated by the fantasy of a society eager to be “one”, that is to say a society completely enclosed on itself with power and society being one and the same thing and characterized by a refusal of differences and contradictions. The visible signs of this is the terrifying division of individuals into two categories : “the chosen” promised to salvation and humanity’s enemies doomed to death. But totalitarianism has indeed origins. It is deeply rooted in our modern times and the various crisis that occurred at the beginning of the century. Studying its origins enables us to understand better the roots of the totalitarian systems. Thus the first World War can be seen as the source of the immense violence of totalitarianism, because this war was actually the first “total war”. The concept of totalitarianism has divided intellectuals and politicians because it implies a connection between communism and nazism beyond their ideological differences. This is why a very close study is necessary to analyse the objections that it aroused and the limits of its validity. Totalitarianism brought about a radical questioning of the principles which are at the basis of modern politics (liberty, constitutional power, rationality) but it has also inherited the specific historical conditions of our modern times (an atomisation of the masses, modern means of communication and new modes of government), this will lead us to question the ambiguities of our modern values. However, does that mean that after this experience of totalitarianism, which can be seen as the tragedy of our century, all higher aspirations such as utopia or democracy are ruled out ? In our attempt to explain the meaning of the totalitarian it would perhaps be more appropriate to show that politics cannot aspire to an absolute Revolution to an ideal of “oneness”, without leading to unfathomable barbarity and “absolute evil”

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Informations

  • Détails : 1 vol. (590 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 545-573 (484 réf.). Notes bibliogr. Index

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  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 320.53 BUS
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  • Cote : 2005 BUS 0258
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