Les élites grenobloises de 1760 à 1848 : recherches sur un groupe social en transition

par Sylvain Turc

Thèse de doctorat en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Serge Chassagne.

Soutenue en 2005

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Si la haute société grenobloise de la période moderne est désormais mieux connue grâce aux travaux de Maurice Virieux, de Clarisse Coulomb, de Pierre Léon et de Robert Chagny, nul ne s'est encore avisé de mesurer la persistance des milieux dominants de l'Ancien Régime dans la capitale des Alpes durant le premier XIXème siècle, ni l'impact et les implications sociales, à Grenoble, des révolutions qui bouleversent de fond en comble les structures sociales de la France durant cette période. Une haute société nouvelle est-elle née à Grenoble au crépuscule de l'absolutisme ? Quelles furent les origines de la bonne société grenobloise contemporaine ? Lentes à se dessiner, les transformations qui affectent le haut du pavé grenoblois au temps de Stendhal se réalisent en trois phases et concernent trois générations de notables. De 1760 à 1788, les noblesses grenobloises apparaissent puissantes, riches - du moins à l'échelle dauphinoise - , influentes, et elles dominent la société locale malgré un relatif éloignement des centres de décision parisiens. La dislocation de l'Ancien Régime en 1789 et la disparition du Parlement de Dauphiné, puis la radicalisation de la Révolution affaiblissent les noblesses sans les détruire, ce qui permet à l'aristocratie des Lumières de profiter de la stabilisation napoléonienne et de la Restauration. Parallèlement, les révolutions de 1789 et de 1830, puis la disparition définitive de la noblesse grenobloise à partir de 1820 offrent des chances uniques d'ascension sociale aux familles de la bourgeoisie d'Ancien Régime. Ces négociants, ces propriétaires fonciers, ces avocats et ces magistrats, surtout, contemporains d'Henri Beyle et des frères Champollion, s'imposent à la tête de la cité, baignant alors dans l'atmosphère romantique. L'ancienne roture grenobloise profite ainsi des transitions en cours. Notre travail tente donc d'expliciter la naissance de la modernité à Grenoble lors du premier XIXème siècle : une modernité qui s'enracine dans le terreau social de l'Ancien Régime, mais dont nous sommes les héritiers lointains.


  • Pas de résumé disponible.

  • Titre traduit

    Grenoble's elite from 1760 to 1848 : research into social group in transition


  • Résumé

    If Grenoble's modern high society is now better known thanks to the work of Maurice Virieux, of Clarisse Coulomb, of Pierre Léon and of Robert Chagny, no one has yet attempted to measure persistance of the dominate groups under the Old Regime in the capital of the Alps during the first half of the nineteenth century, or the impact and social implication in Grenoble of the French Revolution wich completely disrupted France's social structures during this time. Can one say that a new high society was born in Grenoble at the twilight of absolutism ? What were the origins of Grenoble's contemporay high-thinking society ? Slow to appear, the changes which affected the dominate groups at the time of Stendhal materialize in three stages and concern three generations of notables. From 1760 to 1788, the various aristocratic groups in Grenoble appear rich, powerful, - at least on a provincial scale - influent, and they dominate local society in spite of a relative distance of Parisian circles of power and decision. The fall and the breakdown of the Old Regime, and the disappearance of the parliament of Grenoble, supreme court of appeal for the province of Dauphiné, then the radicalisation of the French Revolution after 1790 weaken nobility, but does not destroy it : this allows the aristocracy of the Enlightenment to benefit from Napoleonic stabilisation and the Bourbon restoration. At the same time, the revolutions of 1789 and 1830, then the final disappearance of the nobility of Grenoble as from 1820 offer unique opportunities of social mobility to the Old Regime middle-class families. These merchants, these landowners, these barristers and lawyers, these magistrates, all contemporary of Henri Beyle and the Champollion brothers, rise to the gouvernement's positions at the head of the city of Grenoble, which then stepped in the romantic atmosphere. In fact, thus, they take adavantage at the recent transitions. Our research tries to explain the birth of modernity in the city of Grenoble during the first half of the nineteenth century : a modernity which rose out of the soil of the Old Regime, but of which we are the distant heirs.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 2 vol. (1253 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 1141-1193. Index

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Lumière (Bron). Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire.
  • Disponible pour le PEB
  • Bibliothèque : Bibliothèque Diderot LARHRA (Lyon).
  • Disponible pour le PEB
  • Bibliothèque : Institut d'Histoire de la Révolution Française (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : Z 1102 (1) et (2)
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.