Ironie et tragique dans l'oeuvre romanesque de Julien Green : de "Mont-Cinère" au "Mauvais lieu"

par Ghayas Hachem

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Michèle Raclot.

Soutenue en 2005

à Le Mans .

  • Titre traduit

    Irony and tragic in the novels of Julien Green : from "Mont-Cinère" to "Le Mauvais lieu"


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  • Résumé

    Le but de la thèse est de montrer que l'ironie, dans l'œuvre romanesque de Julien Green, est principalement une ironie de situation et qu'elle sert à traduire la condition tragique de l'existence humaine. Notre analyse de l'ironie dans les romans de Green progresse suivant les trois parties suivantes: 1) les cibles, 2) les procédés et 3) les fonctions. Nous distinguons d'abord trois catégories de personnages ciblés par l'ironie: 1) les étrangers, 2) les martyrs et 3) les bourreaux. Dans la deuxième partie, nous étudions quatre procédés narratifs à travers lesquels l'ironie est mise en évidence : 1) l'ironie dans la division du « moi », 2) l'ironie dans le décalage entre différents plans de conscience, 3) l'ironie dans l'espace, 4) la technique du récit dans le récit. La troisième partie est consacrée à l'étude des fonctions de l'ironie dans l'œuvre romanesque. Nous posons d'abord que l'ironie greenienne crée un effet d'ambivalence; elle est garante que le roman ne soit porteur d'aucune vérité absolue. Ainsi, le premier chapitre, intitulé « Effet d'ambivalence », examine les particularités que la fonction idéologique de l'ironie acquiert au sein de l'univers romanesque de Green. Nous posons ensuite que l'ironie greenienne condamne toute forme de résistance à l'invisible. Ainsi, le deuxième chapitre, intitulé «Condamnation du rationalisme », souligne d'abord que chez Green la connaissance intuitive et irrationnelle est privilégiée aux dépens du raisonnement et montre ensuite que les personnages sceptiques, comptant sur la raison seule pour appréhender la vie, échouent dans leurs efforts pour se garder à l'abri du mystère de l'amour divin. Le même échec est réservé aux personnages matérialistes dont la condamnation ironique fait l'objet du troisième chapitre. Le quatrième chapitre, «Condamnation du pharisaïsme », traite de l'attachement littéral aux dogmes, de l'ostentation de la piété et du refuge dans un idéal de pureté sévère et déshumanisant, autant de « masques» qui traduisent la peur de ce qui dépasse les dogmes, les jugements et les rôles. Tenant compte enfin du contraste entre la constante volonté de l'être de se révolter contre son sort et son immanquable échec, nous cherchons, dans notre dernier chapitre, à démontrer que l'ironie de situation, dans le roman de Green, est une ironie du sort: elle sert à illustrer la condition tragique de l'existence humaine.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (434 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 387-434

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  • Bibliothèque : Université du Maine. Service commun de la documentation. Section Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 2005LEMA3001
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