La rhétorique des femmes à la radio et à la télévision en Côte d'Ivoire : quelle contribution à la réconciliation nationale ? : octobre 2001-octobre 2003

par Frances Ewing Kazemi

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Annie Lenoble-Bart.

Soutenue en 2004

à Bordeaux 3 .


  • Pas de résumé disponible.

  • Titre traduit

    The rhetoric of women on radio and television in Côte d'Ivoire : what contribution to national reconciliation ?


  • Résumé

    Dans la première partie, nous avons présenté le contexte ivoirien. Bien que la Côte d’Ivoire ait le statut de nation, l’identité ethnique résiduelle met à mal la cohésion nationale. Au temps du Président Houphouët-Boigny, la question d’identité ne se posait pas avec acuité, puisque le parti unique avait un candidat unique. En 1970, Kragbé Gnagbé, un nationaliste, a voulu contester la suprématie baoulé. Il a été arrêté et tué. Laurent Gbagbo a repris le flambeau de la lutte pour le multipartisme. Après la mort d’Houphouët en 1993, la succession n’a pas été clarifiée par des élections ouvertes à tous les candidats en 1995. Le Président Bédié a voulu favoriser l’intégration avec le concept d’ivoirité, mais ce concept a abouti à une logique de fragmentation. La contestation estudiantine a continué à troubler la paix sociale jusqu’au 24 décembre 1999, date du coup d’Etat qui a amorcé une transition militaire avec à la tête le Général Guéi. Mais la transition s’est refermée sur des élections calamiteuses en octobre 2000, avec une fois encore l’exclusion des principaux candidats. Il nous semble que les deux discours, celui de l’ivoirité et celui du nationalisme anti-colonial, ont des sphères de collaboration. Celui du Président Bédié visait à écarter Alassane Ouattara. Celui de Kragbé Gnagbé avait pour but de prendre le pouvoir pour nationaliser l’économie et faire partir l’armée française. Les deux discours prônent une identité nationale, mais les critères sont flous. Notre corpus reflète tous ces problèmes, d’abord politiques. Nous avons commencé à constituer notre corpus pendant le Forum pour la réconciliation nationale (9 octobre-18 décembre 2001). La nécessité de la réconciliation a été reconnue officiellement. Une chanteuse évangélique a accueilli les participants avec une mélodie pleine d’espoir. A travers les communications de trois ONG féminines, nous avons alors compris que leurs revendications sont politiques. Les victimes des forces armées plaident pour la reconstitution du tissu social. Nous avons appelé leurs récits « la rhétorique des victimes ». L’apparition de « victimes » est symptomatique du désordre social. La chanteuse évangélique est la seule femme qui réapparaît dans la deuxième période de notre corpus : mars-juillet 2003. Sa deuxième chanson traduit le raidissement suite au coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002. L’émission « On est ensemble » sur La Première évoque de nouveau la nécessité de réconciliation. Les invitées cernent les contours de la réconciliation, mais aussi, elles lancent des offensives contre les rebelles, la France, le Premier ministre et le gouvernement de réconciliation nationale. Bien qu’elles parlent de réconciliation, leurs propos apportent la preuve de l’évanescence de cette issue pacifique de crise. De nouveau, nous avons la rhétorique des victimes, cette fois des forces armées des forces nouvelles (FAFN). L’animatrice apparaît comme une griotte du chef de l’Etat, mais elle participe au débat national sur certains points.

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Informations

  • Détails : 2 vol.(421 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 398-408

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