L'imaginaire de la mort et de la fin dans l'oeuvre de J. -K. Huysmans à partir d'"A ́rebours"

par Karine Thibaut

Thèse de doctorat en Littératures française, francophones et comparées

Sous la direction de Gérard Peylet.

Soutenue en 2004

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    L'imaginaire de la mort et de la fin apparaît dès les premières œuvres de Huysmans et révèle une hantise permanente, qui croise la délectation morbide du contexte décadent. Illustration des foyers d'ambivalence que recèle tout imaginaire, sa représentation prend un double aspect : tantôt lente décomposition, pourrissement incontrôlable des êtres et des choses, tantôt disparition, effroyable cataclysme ramenant tout au néant. L'œuvre naturaliste explore et détaille la présence tenace et multiforme de la mort. Empêtré dans un quotidien avilissant de médiocrité, le héros décline son impuissance à vivre dans la norme et son dégoût du corps : le sien ou celui d'autrui, le corps géant de la nature ou monstrueux de la femme révélant une même abomination : la vie a partie liée avec la mort. Mais la vision de l'œuvre d'art libère la représentation d'une esthétique naturaliste trop étroite et dévoile un univers à double fond. Mu par des pulsions parfois sadiques, l'imaginaire explore les abîmes du mal, les ténèbres de la cruauté, découvrant la fascinante réversibilité des contraires. Au seuil de la conversion, la misère d'âme s'inverse en une quête du salut. Mais il faut mourir à soi pour renaître en Dieu : la foi impose un idéal d'art éthéré et nécessite le dépouillement d'une enveloppe viciée. La fin de l'œuvre, comme la fin des temps, appelle une rédemption par la souffrance.

  • Titre traduit

    Imaginary of death and end in Huysmans' works, from "A rebours" to "Les foules de Lourdes"


  • Résumé

    Imaginary of death and end appears from the first Huysmans' works and reveals a permanent fear, which crosses the morbid delectation of decadent context. Illustrating the ambivalent sources present in all imaginary, its representation takes a double aspect: sometimes slow decomposition, uncontrolled deterioration of people and things, sometimes disappearance, fearful cataclysm going all to nothing. The naturalist work explores and details the persistent and multiform presence of death. Limed in a degrading daily plenty of mediocrity, the hero declines his inefficiency to live according to the norm and his disgust of body: his own or other's body, the big body of nature or the monstrous body of woman revealing the same abomination: life belongs to death. But the vision of work of art releases the representation from a narrower naturalist esthetic and reveals an universe with a double fund. Sometimes moved by sadistic passions, imaginary explores the depths of evil, the darkness of cruelty, unveiling the fascinating reversibility of the contraries. On the threshold of the conversion, the misery of soul moves in a quest of salvation. But it is necessary to die for rebarning in God: faith imposes an ideal of ethered art and needs the deprivation of corrupted exterior. The end of work, as the end of times, calls a redemption by suffering.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (557 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 529-551. Index

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