L'action publique entre conflits et coopérations : la fabrique heurtée d'une politique de réduction des risques liés à l'usage de drogues à Marseille

par Gwenola Le Naour

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Gilles Massardier.

Soutenue en 2005

à Aix-Marseille 3 .

  • Titre traduit

    Public policy between conflicts and cooperations :the difficult Implementation of a drug and harm reduction policy in Marseille


  • Résumé

    Suite à la décision, prise à l'échelle nationale, de développer des mesures de lutte contre le sida chez les toxicomanes (échange de seringues, ouvertures de centres destinés à des usagers de drogues actifs, etc. ), des conflits en chaînes sont observables à l'échelle territoriale. Cette thèse analyse la mise en place de ces mesures, labellisées sous le terme " réduction des risques liés à l'usage de drogues " (RDR), à Marseille. Les acteurs traditionnels du soin aux toxicomanes et les acteurs de la lutte contre le sida s'opposent notamment sur les mesures à adopter pour prévenir l'épidémie de sida. Une partie d'entre eux est amenée, par l'entremise d'acteurs publics, à participer à une politique territoriale de RDR. Or ces acteurs restent en conflits sur bon nombre de points et ne sont pas, d'emblée, disposés à coopérer. Des acteurs intermédiaires émergent et facilitent les échanges entre ces partenaires " malgré eux ". Ils créent et entretiennent, notamment, des espaces au sein desquels les acteurs se rencontrent régulièrement et qui permettent des mises en relation, puis des coopérations, voire des collaborations. Outre ces conflits entre " professionnels ", l'implantation de ces nouveaux outils destinés à des toxicomanes dans différents quartiers de Marseille fait l'objet de contestations par leurs riverains. Pourtant, ces acteurs qui entendent peser sur les actions menées, ne sont pas invités à participer à l'action publique et restent au seuil des espaces destinés à développer les coopérations entre acteurs multiples. Les conflits de voisinage qui opposent riverains et acteurs de cette politique publique ne se transforment qu'exceptionnellement en coopérations. Ce sont des dédommagements ou des aménagements qui leur sont proposés et qui permettent une tolérance relative des riverains aux dispositifs. L'action publique territoriale de RDR repose, donc, sur des coexistences entre différents protagonistes dont les intérêts et les motivations sont parfois divergentes. En cherchant à répondre à la question centrale : comment des acteurs qui s'opposent en tout finissent-ils par coopérer ?, ce travail tente de cerner les coexistences conflictuelles et les coopérations multiples autour des mesures de réduction des risques liés à l'usage de drogues à Marseille.


  • Résumé

    After a decision was taken at the national level to develop measures to fight AIDS among drug users (including needle exchange programs, the opening of clinics destined for use by active drug users, and so on), a series of conflicts arose at the local level. This dissertation analyses the implementation of a policy known as “drug and harm reduction” in Marseille. The traditional actors involved in the care of drug users and those active in the fight against AIDS had opposing visions of the best measures to adopt to stop the spread of epidemic. In fact, through the intervention of public officials, some of them came to participate in the local politics of drug and harm reduction policy. Yet these actors conflicted on many different points, and were not necessarily predisposed to cooperate. Intermediary actors emerged and facilitated exchanges between these unwilling partners. They created and maintained spaces in which actors met regularly and which allowed for initial contact, then cooperations, and finally collaborations. In addition to these conflicts between " professionals " the implementation of new programs designed for drug users in different neighbourhoods in Marseille became the object of contestation by neighbourhood residents. However, the residents who expected to have an impact on the decisions being made, were not invited to participate in public policy and remained outside those spaces destined to facilitate cooperation between often antagonistic actors. The neighbourhood conflicts which opposed residents and actors involved in policy making did not transform themselves into cooperations. Rather, it was the proposition of compensations or indemnities proposed to residents which led to a relative tolerance of these new practices. The local public politics of drug and harm reduction policy rests, then, on coexistences between different protagonists whose interests and motivations are sometimes antagonistic. In trying to answer the central question : how can deeply antagonistic actors eventually cooperate ?, this study identifies the conflictual coexistences and the multiple cooperations around drug and harm reduction measures in Marseille.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (469 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 389-408

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  • Bibliothèque : Université d'Aix-Marseille (Aix-en-Provence. Schuman). Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire de droit, science politique et économie.
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