Ursula K. Le Guin, une alchimie de l'Ailleurs : de la structure au mythe

par Hélène Escudié

Thèse de doctorat en Langues vivantes

Sous la direction de André Bleikasten.

Soutenue en 2004

à l'Université Marc Bloch (Strasbourg) .

  • Titre traduit

    Ursula K. Le Guin, an alchemy from elsewhere : from structure to myth


  • Résumé

    La présente thèse se propose de montrer comment, malgré une notable diversité dans la forme comme dans les thèmes, l'œuvre d'Ursula K. Le Guin offre une remarquable cohérence autour d'images et structures fondamentales. Partant d'une organisation de base, fondée sur une opposition binaire, la romancière fait émerger un troisième terme, élément de synthèse entre les deux autres. C'est ce que démontre le système des personnages qui, mettant en regard deux clans, donne la vedette à des figures d'ethnologues qui, tout à la fois, maintiennent l'équilibre entre deux cultures et permettent la création de réseaux. Ce principe s'étend à des représentations purement linguistiques Le Guin postule en effet l'existence de deux langues, la langue du père, langue du pouvoir, et celle de la mère, langue du dialogue. Ces deux modes d'expression, pourtant si différents, semblent pouvoir atteindre une harmonie dans l'émergence d'une forme tierce, la langue de l'Art, dans laquelle s'élabore discours fondamentalement mixte et où se conjuguent oralité et écriture, poésie et prose. Deux personnages illustrent ce principe : l'androgyne, qui permet de poser la question du sexe et de mettre en lumière les disparités sociales auxquelles conduisent les caractéristiques masculines ou féminines ; le dragon qui s'offre comme la synthèse idéale des sexes, et donne toute leur part au maternel et au féminin. Ce rêve de synthèse se retrouve également dans une série d'images récurrentes, comme notamment celle de la pierre virile et du réseau maternel, combinées de façon idéale dans des représentations fondées sur le modèle du piège à rêves amérindien, modèle qui se retrouve aussi bien dans la toile d'araignée que dans certaines formes de mise en scène de l'activité onirique. L'œuvre se présente ainsi comme une forme d'hommage au père et à la mère de la romancière, ethnologues réputés, et parallèlement comme une illustration de la voix de la différence décrite par Carol Gilligan.


  • Résumé

    This work aims at showing how, despite a great diversity in the forms and the themes, Ursula K. Le Guin's work organises its coherence around fundamental images and structures. Founded on a basic binary opposition, the writer develops a third term, a synthesis of the two others. This is illustrated by the system of characterisation (of the protagonists) which stages two clans featuring anthropologists who maintain the equilibrium between the two cultures while developing the creation of networks. This principle extends to purely linguistic representations. Le Guin postulates the existence of two languages, the Father tongue, the language of power, and the Mother tongue, the language of dialogue. These two modes of expression, although very different, tend towards harmony in the birth of a third term, the Language of Art, in which oral and written literature, prose and poetry intermingle. Two characters serve to illustrate this: first, the androgyn underlines the problem of sex and highlights the social differences; second, resulting from sexual differentiation, the dragon represents the ideal synthesis of the two sexes, and shows the importance of the maternal and the feminine features. This dream of two into one is also present in a series of recurrent images, namely the masculine stone, and the maternal network, ideally united in representations based on Amerindian dreamcatchers, a model also illustrated by the cobweb and in forms staging dreams. The work is thus a homage to Ursula K. Le Guin's father and mother, well-known anthropologists, and also an illustration of Carol Gilligan's theory of a "different voice".

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Informations

  • Détails : 2 vol., 919 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 809-901. Index

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,2004,1
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