La formation des formes : essai sur la naissance de la sensibilité dans l'esthétique critique

par Juan-Manuel Garrido-Wainer

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-Luc Nancy.

  • Titre traduit

    ˜The œFormation of forms : an essay about the birth of sensibility in the critical aesthetics of Emmanuel Kant


  • Résumé

    Dans le schématisme sans concept propre au jugement réfléchissant esthétique, la synthèse de l'appréhension dans l'intuition est libérée des synthèses de la reproduction dans l'imagination et de la recognition dans le concept. Dès lors, elle doit être expliquée en vertu de la structure propre des formes pures de la sensibilité, l'espace et le temps. Dans le goût, en effet, la synthèse est d'abord produite au niveau de ces formes. Le beau est le jeu de l'espace-temps formant ou se formant indéfiniment dans les formes, avant de former une objectivité quelconque (même " indéterminée ") ; le sublime, c'est le sérieux d'une énormité qui, dévastant l'espace et le temps, met l'intuition à l'épreuve de ses limites constitutives. Tout cela implique, peut-être, que la synthèse des formes pures de la sensibilité ne se fonde pas dans l'imagination transcendantale. L'Esthétique transcendantale peut en ce sens être lue dans une perspective qui n'est plus celle du Schématisme transcendantal (à rebours donc de l'interprétation dominante du Kantbuch). Les fondements ontologiques de l'intuition pure ne sont plus redevables à la " spontanéité " de l'imagination, mais reposent à même la passivité du sensible : à même le donné. C'est dans l'être-donné du donné que nous repérons la naissance première ou l'archi-formation des conditions formelles pour toute donation ; la synthèse des formes pures de l'intuition est à fonder dans ce que nous appelons les synthèses de la sensation (interprétée comme factualité du donné ou réalité non catégorielle) et de la chose (intérprétée comme différence phénomène / chose en soi, instaurant la phénoménalité en général). C'est autour de ces synthèses qu'on peut construire une théorie ontologique du sensible qui sous-tend et qui fonde la théorie de l'intuition pure (dans la première et troisième Critiques). Or, n'est-ce pas là proposer aussi un sens esthétique de l'être, avant toute compréhension ontologique (l'imagination transcendantale) ?


  • Résumé

    In the schematism without concept that characterizes the reflective aesthetic judgment, the synthesis of apprehension in the intuition becomes free from the synthesis of reproduction in the imagination and of recognition in the concept. Thus, it must be explained in terms of the structure of pure forms of sensibility, space and time. In the realm of the taste, indeed, the synthesis is initially produced at the level of these forms. The beautiful is the play of space-time forming forms or forming itself indefinitely in them, before the formation of any objectivity (even an "indeterminate" one) ; the sublime is the seriousness of an immensity that devastating space and time, challenges intuition to feel its constitutive limits. All of the might imply that the synthesis of pure forms of sensibility is not grounded upon the transcendental imagination. The "Transcendental Aesthetics" might, in this sense, be read from a different perspective than the one derived from "Transcendental Schematism" (and therefore different than the prevailing interpretation of the Kantbuch). The ontological grounds of pure intuition are no longer derived from the "spontaneity" of imagination but they are based upon the very passivity of the sensibility and consequently in the sense-data itself. It is in the ontological condition of data where we locate the first birth or the archi-formation of the formal conditions for any giving ; the synthesis of the pure forms of intuition must be based upon what we here call the syntheses of sensation (interpreted as that factual character of data or as an non-categorial reality) and of the thing (interpreted as the difference phenomenon / thing in itself that allows for phenomenality in general). Starting from these syntheses one can build an ontological theory of the sensible, one that underlies and provides the fundament of the the theory of pure intuition (in the first and third critique). Would this not also imply an aesthetic meaning of being, preceding any ontological understanding (transcendental imagination)?

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Informations

  • Détails : 312 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 300-308. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,2004
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