Le Corps des dieux grecs : conventions et modes de représentation

par Olivier Verdon

Thèse de doctorat en Archéologie classique

Sous la direction de Gérard Siebert.

Soutenue en 2004

à l'Université Marc Bloch (Strasbourg) .

  • Titre traduit

    Greek Gods' body : conventions and means of representation


  • Résumé

    L'anthropomorphisme de la religion grecque pose la question des codes iconographiques et des moyens stylistiques mis en œuvre par les artistes pour représenter le corps des dieux construit le plus souvent (mais pas exclusivement) sur le modèle du corps humain. Hors norme, si l'on part d'une vision classicisante de l'Antiquité, apparaissent d'emblée certaines catégories de figuration : les monuments aniconiques du divin, comme les " pierres rudes " d'Achaïe et d'Arcadie, images d'Hermès ; pour le même dieu (mais aussi pour Dionysos), les formes semi-iconiques du pilier et du mannequin, combinaisons d'un support géométrique avec une tête, un masque, un phallus ; ce dernier, en devenant gigantesque, circonscrit à lui seul le corps d'Hermès et de Dionysos ; les visions proprement tératologiques de certains dieux grecs et les phénomènes d'hybridation zoo/anthropomorphe, sans que les concepts d'hybridation et de monstruosité se laissent confondre (Eros ou Nikè ne sont pas des monstres). Touchant aussi au corps animal des dieux, la question des métamorphoses soulève une problématique liée à la spécificité du langage figuré (plastique ou pictural) et du langage littéraire. Ce dernier étant d'une souplesse et d'une richesse qui lui permettent de traduire le corps des dieux d'une manière plus complexe et plus analytique et même de le visualiser dans l'imaginaire du lecteur, alors que les arts figurés ne savent montrer ce processus que par une série de formules plutôt sommaires et répétitives. Mes recherches ont montré qu'il y a, en Grèce, dieux et dieux. Autant les grandes figures de l'Olympe, après une période de tâtonnement, acquièrent une forme canonique, autant des personnalités divines moins intégrées dans le panthéon, présentent un corps plus incertain. Le corps des dieux grecs ne forme pas un ensemble constitué et homogène. Il est sujet à des variations qui sont de plusieurs ordres : régionales (on découvre par Pausanias des divinités fort éloignées des modèles attiques) ; chronologiques (les dieux d'Homère et des arts figurés du haut archaïsme ne sont pas ceux d'Apollonios de Rhodes et des sculpteurs pergaméniens) ; génériques aussi, dans la mesure où la sculpture, art religieux et politique, et la peinture de vases, dont les fonctions sont narratives et ornementales, n'ont pas les mêmes visées et n'obéissent pas aux mêmes contraintes techniques.


  • Résumé

    Anthropomorphism of Greek religion poses the problem of iconographical codes and stylistic means use by artists in order to picture god's body lay out upon human cast, most of the time (but not only). From a classical way of visualizing Antiquity, become directly apparent categories of representation : aniconic god's images such as "uncouth stones" from Achaia and Arcadia, images of Hermes in this instance ; for the same god (also Dionysus) the pillar and manikin semi-iconic shapes, grouping of a geometric stay with a head, a mask, a phallus ; the latest becoming gigantic when it is Hermes or Dionysus' body ; properly teratologic; images of some gods and zoo/anthropomorphic hybridization phenomenon, hybridization and monstrosity concepts must not be confused (Eros or Nike are not monsters). Concerning the zoomorphic body of gods, the question of metamorphosis raises problematic bounds to the image's specificity (sculpture and painting) and that of the text. The ease and richness of poetry allows the body of the gods to be expressed in a more complex and analytic way and even to be pictured in the reader's mind, when the figurative arts represent this process only by means of a range of rather repetitive and hasty formulas. My searches proved that there is gods and gods. The great figures of Olympus grope to reach their canonical form, as much as the divine personalities less integrated into the pantheon show a more fluctuating body. Gods' body does not constitutes an homogenous and established unity. It is composed to fluctuations of several kinds : local (Pausanias informs us of gods who's shape is far from the attic model) ; chronological (upper archaism gods of Homer and figurative arts are not those of Apollonius and the pergamenian sculptors) ; generic too, in so far as the religious and political art that is sculpture, and painting with its narrative functions, do not have the same goal and do not obey to the same technical constraints.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (495 f.-LX-66 f. de pl.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 413-495

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,2004,1
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