Continuité et rupture dans la tradition du droit anglo-saxon après la conquête normande : 1066-1189

par Aimeric Vacher

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Leo Martin Carruthers.

Soutenue en 2004

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris) , en partenariat avec Centre d'études anglaises médiévales (Paris) (équipe de recherche) .

Le jury était composé de Sophie Brouquet, Philippe Contamine, Scott D. Westrem.


  • Résumé

    L'étude des lois anglo-saxonnes, instaurées en Angleterre entre le VIe siècle et 1066, et anglo-normandes, appliquées entre 1066 et 1189, n'est pas chose nouvelle. En 1840, Benjamin Thorpe publiait déjà un ouvrage intitulé Ancient Laws and Institutes of England portant sur les lois pré-normandes et, entre 1874 et 1878, William Stubbs publiait les trois volumes de son ouvrage The Constitutional History of England in its Origin and Development, particulièrement important pour le droit de la deuxième période. Mais, malgré les nombreuses études qui ont suivi, aucune ne s'est intéressée à une comparaison de ces deux modèles de droit. Pourtant, à la lumière des textes originaux, cette méthode de travail apporterait aux réponses déjà apportées deux réflexions d'importance. Il est difficile de considérer qu'après l'invasion normande il fut fait table rase des pratiques judiciaires anglo-saxonnes tellement la tradition légale était forte. Il est tout aussi improbable que la nouvelle classe dirigeante ait préservé dans sa totalité l'usage des codes de lois établis avant son arrivée. Par conséquent, d'un point de vue purement légal, le premier intérêt d'une telle recherche comparative, fondée sur la continuité et la rupture, permet d'appréhender l'évolution des lois à travers deux " civilisations " qui se succèdent sur un même territoire, ici l'Angleterre, et que tout semble séparer. Le second intérêt est tout historique : ne peut-on lier les deux systèmes judiciaires concernés au succès de l'invasion de Guillaume le Conquérant et à l'instauration réussie d'un droit anglo-normand ? En d'autres termes, il convient de se demander si ce seigneur aurait réussi à envahir ce pays si les pratiques légales et administratives anglaises avaient été différentes. De plus, comme nous le montre le cas du Domesday Book, lui et ses successeurs auraient-ils pu créer un corpus de lois propre à leur société naissante sans utiliser comme base le système préexistant ?

  • Titre traduit

    Continuity and rupture in the tradition of Anglo-Saxon law after the Norman conquest : 1066-1189


  • Résumé

    The study of Anglo-Saxon laws, enacted in England between the 6th century and 1066, and Anglo-Norman laws, enforced between 1066 and 1189, isn't new. In 1840, Benjamin Thorpe published a book titled Ancient Laws and Institutes of England concerning the pre-Norman laws and, between 1874 and 1878, William Stubbs wrote the three volumes of his book The Constitutional History of England in its Origin and Development, particularly important for the law of the sceond period. However, despite the numerous studies that follow these works, none has been based on a comparison of these two models of law. Yet, thanks to such a work, this could bring to our knowledge two new important thoughts. It is difficult to consider that after the Norman invasion the Anglo-Saxon judicial practices have been erased since the legal tradition was important in the native society. It is also improbable that the new ruling class could have kept all the laws established before its coming. Consequently, from a purely legal viewpoint, the first interest of such a comparative research, based on the themes of continuity and rupture, is to observe the evolution of laws through two totally diffferent "civilizations" that follow one another on the same territory, here, England. The second interest is mainly historical: can't we link both judicial systems to the success of the Invasion and to a successful implantation of an Anglo-Norman law ? Moreover, as the Domesday Book shows, could William and his successors have created their own corpus of law without using the pre-existent system ?

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Informations

  • Détails : 1 vol. (429 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 196 références bibliographiques

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