"Et le verbe se fit chair": étude du genre de la nouvelle au Moyen Age

par Nelly Labère

Thèse de doctorat en Littérature médiévale

Sous la direction de Jacqueline Cerquiglini-Toulet.

Soutenue en 2004

à Paris 4 .


  • Résumé

    Forme narrative brève, la nouvelle apparaît dans l’indétermination de ses origines. L’histoire littéraire en fait un ancêtre du répertoire médiéval (lai, fabliau, exemplum, etc. ) et un précurseur de la Renaissance (italienne puis française). Longtemps rattachée au Décaméron de Boccace, la nouvelle occupe encore aujourd’hui une place ambiguë. Les Cent Nouvelles Nouvelles, vers 1462, la proclament comme un genre français ; mais il faut attendre la deuxième moitié du XVIe siècle pour qu’on lui reconnaisse, avec Marguerite de Navarre, ses lettres de noblesse. Pourtant, qu’elle se nomme arrêt, enseignement, joie, évangile ou facétie, la nouvelle se constitue au Moyen Age comme genre. C’est par la forme du recueil qu’elle se définit comme le média du mouvement, faisant retour sur « la circulation de l’information » de son sens commun. Dépassant la division du narratif et du didactique pour viser la polyphonie, le recueil est une matrice. Il engendre, par la fiction de l’oral, la lettre vive. Il s’image comme chair pour renouveler le verbe poétique. Il substitue au « passer le temps » de la déploration, le passe-temps d’un pacte ludique qui engage le lecteur vers une esthétique de la participation. Genre du mouvement, c’est bien la « transition » entre le Moyen Age et la Renaissance qu’engage la nouvelle par une naissance devenue, pour la littérature, fondation.

  • Titre traduit

    "Et la verbe se fit chair": the nouvelle as genre in Middle Ages


  • Résumé

    The nouvelle is a brief narrative form with an indeterminate origin. Literary history has deemed it both an ancestor of a medieval repertory (lai, fabliau, exemplum, etc. ) and a harbinger of the Renaissance (first French, then Italian). After a long association with Boccaccio; the nouvelle today still occupies an ambiguous space. Around 1462, the Cent Nouvelles Nouvelles hailed it as a French literary form, but it was not until the second half of the 16th century, with Marguerite de Navarre, that the nouvelle was recognized as a bona-fide literary genre. Albeit known by many names—arrêt, enseignement, joie, évangile or facétie—the nouvelle develops as a genre in the middle ages. The compilation of nouvelles serves as a vehicle which moves us from a literal meaning, or simply a “flow of information”, to a more complex literary sense. The compilation fosters a kind of polyphony, going beyond the simple classification of texts as either narrative or didactic, thereby acting as a matrix. It engenders the “living letter” through the fiction of orality. It creates itself as flesh in order to rehabilitate the poetic word. It replaces the “passing of time” in lament with the “pastime” of a ludic pact which engages the reader in an aesthetic of participation. A genre all about motion, the nouvelle marks the “transition” between the Middle Ages and the Renaissance, which, for literature, has become a foundation.

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2006 par H. Champion à Paris

Défricher le jeune plant : étude du genre de la nouvelle au Moyen Âge


Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 2 vol. (980 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 2158 références bibliographiques

Où se trouve cette thèse ?