Hiatus projectifs : une esthétique de la crise chez Robert Aldrich

par Anne-Sophie Miller

Thèse de doctorat en Études cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Jean-Louis Leutrat.

Soutenue en 2004

à Paris 3 .


  • Résumé

    Robert Aldrich est passé maître en fait de crise et de paroxysme, de violence et de traumatisme. Son cinéma dépeint l’aventure humaine dans ce qu’elle a de plus douloureux – les heurts et antagonismes qui délient l’individu de son environnement et de lui-même. Mais la crise s’exerce également sur l’essence même du spectacle hollywoodien : sa parfaite transparence et son évidence figurative. Ils sont au nombre de trois, les hiatus projectifs qui conduisent le langage cinématographique de Robert Aldrich à inquiéter la matière filmique et sa pleine lisibilité : les syncopes perspectives, les brisures scalaires et les effets de rupture qui procèdent d’une caméra par trop lucide, la caméra-perspicace. Stigmates de la désunification du visible, les traces que laissent dans l’image les affrontements auxquels se livrent perspective et architecture, escaliers cadencés et corps rythmiques, caméra et scène de la fiction, précipitent la représentation dans un régime cinématographique paradoxal, où la crédulité du spectateur s’enraye inexorablement.

  • Titre traduit

    Projective hiatus : Robert Aldrich' aesthetics of crisis


  • Résumé

    Robert Aldrich was a master at representing crisis, paroxysm, violence and trauma. His films depict the human adventure while focusing on its most painful moments – when conflict and antagonism detach the individual from his environment and from himself. This crisis also affects the essence of the Hollywood show itself, in its perfect transparency and its figurative evidence. Three projective hiatus are present in Robert Aldrich's cinematographic language that disturb the filmic material and its full readability : perspectival syncopes, scalar breaks and effects of rupture, offshoots of an overly lucid camera, the perspicacious camera. The traces left on the image by the confrontation of perspective and architecture, rhythmical staircases and bodies, camera and scenes of fiction, are stigmata of the disunification of the visible. They throw representation into a paradoxical cinematographic system in which the spectator's credulity is inexorably bound to get jammed.

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  • Détails : 1 vol. (475 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 451-469

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