Wladyslaw Znorko ou le théâtre de l'oubli

par Chantal Hurault

Thèse de doctorat en Études théâtrales

Sous la direction de Georges Banu.

Soutenue en 2004

à Paris 3 .


  • Résumé

    Le projet de cette thèse sur le théâtre de Wladyslaw Znorko, et la compagnie Cosmos Kolej fondée en 1981, est d'ouvrir la nature de l'image scénique aux perspectives d'une théâtralité de l'Oubli qui redéfinit les notions de présence et d'absence. La proposition est double : cerner la cohérence d'une démarche de création et, à partir d'elle, dégager les enjeux esthétiques d'une dramaturgie de la mémoire. La première partie analyse, dans la lignée de Witkiewicz, Craig et Kantor, la spécificité scénique du langage théâtral. Ce théâtre d'image pose la problématique de l'adaptation littéraire. Rejetant les codes de la transposition, il convoque une intimité essentiellement poétique de l'image littéraire. Notre recherche théorique s'implique dans le processus de création, y repérant les critères constitutifs d'un langage pluriel. L'idée d'" œuvre ", acceptée dans le domaine scénique, est l'objectif de la seconde partie qui en creuse les fondements. Les racines polonaises de Znorko sont élargies à un large corpus, hors frontières et courants culturels. Sous le signe de l'exil, la scène advient comme lieu de refuge d'une Mémoire désœuvrée, oubliée. L'exil répond aux mécanismes d'une théâtralité qui fait agir les forces tragiques de l'Histoire sous le mode de la récurrence - plaçant les figures dans une errance infinie à l'intérieur de son territoire fictionnel. La figure théâtrale apparaît alors dans les termes du fantomal. La troisième partie forme un complexe esthétique de la mélancolie à partir de la notion moderne de l'entre-deux. Du Théâtre de la Mort de Kantor au Théâtre de l'Oubli de Znorko, l'image théâtrale est engagée dans une dramaturgie hallucinatoire où, liée à un souvenir obsessionnel, la présence se manifeste au lieu même de son absence. Dès lors, le merveilleux devient un espace privilégié de l'imaginaire, l'illusion devient le moteur d'un théâtre des apparences. Le Théâtre de l'Oubli accepte l'image dans la démesure d'un en dehors du monde.

  • Titre traduit

    Wladyslaw Znorko and the theatre of oblivion


  • Résumé

    The project of this thesis on the theatre of Wladyslaw Znorko, and the Cosmos Kolej Company founded in 1981, is to open the nature of the scenic image to the prospects for a theatricality of Oblivion which redefines the concepts of presence and absence. The proposal is dual : to determine the coherence of a creative process and, from it, to assert the aesthetic goals of a dramaturgy of the memory. The first part analyzes, in the line of Witkiewicz, Craig and Kantor, the scenic specificity of theatrical language. This theatre of image raises the question of literary adaptation. Rejecting the transposition codes, it calls for a primarily poetic intimacy of the literary image. Our theoretical research is immersed in the creative process, seeking to locate the constitutive criteria of a plural language. The very concept of an " oeuvre ", adapted in the scenic field, is the objective of the second part which explores its bases. The Polish roots of Znorko are widened to a broad corpus, beyond cultural borders and currents. Under the sign of exile, the scene becomes the place of refuge for an idle and forlorn Memory. The exile answers the mechanisms of a theatricality which triggers the tragic forces of History in a recurrent mode - placing the characters in an endless wandering within its fictional realm. The theatrical character thus assumes a ghostly presence. The third part forms an aesthetic complex of melancholy stemming from the modern notion of the in-between. From the Theatre of Death of Kantor to the Theatre of Oblivion of Znorko, the theatrical image is engaged in a hallucinatory dramaturgy where, linked with obsessive memory, presence appears in the very place of its absence. Consequently, the marvellous becomes a privileged space for the imaginary, illusion becomes the engine of a theatre of appearances. In the theatre of Oblivion the image belongs to a disproportion of a space outside the world.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (408 f.-[21] f. de pl.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 396-404

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  • Bibliothèque : Théâtrothèque Gaston Baty (Paris).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : D4 339
  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Section Censier.
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  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MC 8263
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