Thèse soutenue

Des genres au genre féminin : la mixité des genres et l'écriture étouffée : lectures des paradoxes de l'oeuvre d'Eliza Haywood

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Auteur / Autrice : Chloé Churin
Direction : Serge Soupel
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anglais
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Paris 3

Résumé

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Dans l'œuvre foisonnante et complexe d'Eliza Haywood la question de l'utilisation des genres est indissociable du grand thème de la peinture de l'amour et des passions féminines. La représentation des passions contraint l'écriture à des emprunts extragénériques qui attirent l'attention du lecteur et lui intiment d'adhérer au caractère essentiel de cette représentation particulière de la femme. Rarement sereine, la femme est aussi passionnée qu'elle est comédienne ou poète. Ses désirs et ses emportements, mainte fois soulignés, coi͏̈ncident avec les apports du théâtre, de la poésie, de la satire ou de l'essai périodique au sein des œuvres. Paradoxe des genres, la marqueterie interne et la pluralité générique de l'écriture de Haywood aboutit à des effets ironiques qui se retournent contre l'utilisation de certain de ces genres. La poésie ou le théâtre dans l'œuvre font l'objet d'une satire menée par le narrateur. Ces contradictions obligent à considérer ce qui se dissimule derrière l'image centrale de la femme passionnée. En effet, cette insistance sur le thème des passions donne lieu à un questionnement d'ordre métalinguistique. La femme est d'autant plus éloquente qu'elle est soumise aux tourments des passions. C'est à une justification du talent de la femme écrivain que l'on assiste. Il est alors d'autant plus paradoxal que ce désir d'expression soit associé au jeu satirique de l'emprunt à des genres différents qui répond au désir inverse de réserve et de silence.