Recherche d'antigènes de tumeur dans les cancers cutanés

par Anne Chantal Knol

Thèse de doctorat en Médecine. Immunologie

Sous la direction de Brigitte Dréno et de Francine Jotereau.


  • Résumé

    Les recherches de ces quinze dernières années indiquent que toutes les tumeurs sont potentiellement antigéniques. Cependant certaines conditions sont nécessaires pour qu'une immunité anti-cancéreuse spécifique puisse se développer : l'existence d'antigènes restreints aux tumeurs et la reconnaissance de ces antigènes par des lymphocytes T spécifiques. Les lymphomes cutanés T épidermotropes ou LCTE constituent un modèle tumoral unique dans lequel la cellule tumorale ainsi que la cellule réactionnelle sont des lymphocytes T. L'objectif de ce travail a consisté à rechercher l'existence d'une réponse immunitaire anti-tumorale chez des patients nantais atteints de LCTE. Pour cela nous avons utilisé plusieurs méthodes d'obtention des cellules tumorales afin de mettre en évidence des lymphocytes T spécifiques. Cette approche ne nous a pas permis de détecter d'activité anti-tumorale. Nous avons donc choisi de poursuivre ce travail à l'aide d'une lignée tumorale de LCTE et de deux clones cytotoxiques autologues dont l'activité avait fait l'objet de publications. Nous n'avons pas pu mener cette étude jusqu'à l'identification d'antigène(s) reconnu(s) par ces clones. Nos résultats suggèrent que l'immunité dépendante des lymphocytes T reste faible dans les LCTE, comme cela a été décrit dans d'autres cancers. Parallèlement, nous avons recherché la présence du virus d'Epstein Barr dans la peau de patients atteints de LCTE, ainsi que la présence de lymphocytes T spécifiques de ce virus parmi les TIL de ces patients. Nous avons mis en évidence la présence de la protéine EBNA2 au sein des cellules de Langerhans de l'épiderme de peau lésée de ces patients, ainsi que l'expression de l'ARN EBER1, impliquant une infection des cellules de Langerhans par l'EBV. Nous avons également observé chez une patiente l'existence de TIL spécifiques d'antigènes lytiques de l'EBV. Notre second objectif a été de chercher à caractériser des antigènes reconnus par des clones CD8+ de lymphocytes T spécifiques de deux mélanomes, les mélanomes M6 et M 134. Nous avons plus particulièrement travaillé avec trois clones CD8, pour deux d'entre eux nous connaissions la restriction HLA. Cependant pour aucun de ces trois clones, nous ne sommes parvenus à identifier l'antigène qu'ils reconnaissaient spécifiquement en criblant une banque d'ADNc réalisée à partir des lignées tumorales autologues. Cette absence de résultats montre les limites d 'efficacité de cette méthode pour l'identification d'antigènes des lymphocytes T.

  • Titre traduit

    Study of tumour antigens in cutaneous cancers


  • Résumé

    Studies of the last 15 years have shown that each tumour exhibits a potential antigenicity. Nevertheless, some conditions are required to allow the development of an anti-tumour reactivity: the presence of tumour-restricted antigens, and the recognition of these antigens by specific T-lymphocytes. Cutaneous T-cell lymphomas (CTCL) represent a unique tumour model since malignant cells and reactive cells are T-lymphocytes. The aim of our study was to detect the anti-tumour reactivity of TIL or PBL against tumour cells of CTCL patients. We tried different methods to isolate tumour cells from these patients, but didn't succeed in identifying a specific response towards the hypothesized tumour cells. We choose thereby to use a tumour cell-line established from a CTCL patient and two autologous T-cell clones, whose cytotoxicity was reported in the literature. However we didn't succeed in identifying the antigens specifically recognized by these clones. Our results suggest that immunity depending on T lymphocytes remains weak in CTCL, as it was described for other malignancies. Concurrently, we were looking for the presence of Epstein-Barr virus in cutaneous lesions of CTCL patients, and for EBV-specific T-lymphocytes among TIL extracted from the skin of CTCL patients. We detect the expression of EBNA2 protein within epidermal Langerhans cells from the lesional skin of CTCL patients, and the presence of EBER1 RNA, implicating a successful infection of Langerhans cells by EBV in the skin of CTCL patients. Moreover, we detect for one patient the presence of EBV-specific T-lymphocytes, particularly directed against lytic antigens, among TIL infiltrating the lesional skin of the patient. The second aim of our study was to characterize antigens and epitopes recognized by CD8+ T-cell clones specific to two melanomas: M6 and M134. We worked more precisely with three CD8+ T-cell clones, for two of them we established the HLA restriction. Nevertheless, we didn't succeed in identifying the antigens specifically recognized by these three clones by screening a cDNA expression library realised with the autologous tumour cell-lines. This lack of result shows the limits of efficiency of this method to identify antigens of T lymphocytes.

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Informations

  • Détails : 197 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 189-197

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  • Bibliothèque : Université de Nantes. Service commun de la documentation. BU Santé.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 04 NANT 14-VS
  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris). Pôle pharmacie, biologie et cosmétologie.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MFTH 6008
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