Thèse soutenue

Mémoire, traumatisme et psychopathologie : étude de l'oubli dirigé chez des sujets souffrant d'état de stress post-traumatique et de trouble dépressif comparés à des témoins sains

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Auteur / Autrice : Olivier Cottencin
Direction : Pierre Thomas
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Neurosciences
Date : Soutenance en 2004
Etablissement(s) : Lille 2

Résumé

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Une des particularités clinique de l'état de stress post-traumatique (PTSD) est le syndrome de répétition, au cours duquel le patient revit sans cesse la scène initiale du traumatisme. L'existence d'une perturbation de la mémoire autobiographique est au centre des manifestations psychopathologiques de ce syndrome : en effet, le sujet semble fixé à l'événement traumatique et ne peut envisager le futur. La mémoire autobiographique est organisée en trois niveaux du plus général au plus spécifique. Pour retrouver un souvenir, il faut des indices extérieurs et activer ces trois niveaux ; l'activation de la mémoire se faisant de façon automatique ou intentionnelle. Cependant un tel système impose l'existence de processus de contrôle. Pour retrouver un souvenir il faut en inhiber d'autres sans quoi la mémoire serait saturée. Ces mécanismes ont été étudiés au moyen du paradigme de l'oubli dirigé qui consiste en la présentation d'items dont certains ont pour consigne d'être '' à retenir '' et d'autres '' à oublier ''. Une étude préliminaire comparant l'oubli dirigé des patients atteints de PTSD à des témoins nous a montré que les PTSD présentaient un effet d'oubli dirigé diminué par rapport aux témoins, c'est à dire qu'ils avaient des difficultés à inhiber les items '' à oublier ''. En d'autres termes, ils présentaient un déficit des processus inhibiteurs, c'est à dire une difficulté à inhiber l'information non pertinente au sein de l'ensemble de l'information. Cependant ne pouvant savoir si ces processus sont défaillants (constituant un facteur de vulnérabilité propre au PTSD) ou dépassés par la nature de l'information traumatique en soi, nous avons comparé les PTSD à un échantillon de patients déprimés dont on sait que leur mémoire autobiographique est perturbée. Nous retrouvons un oubli dirigé comparable à celui des témoins et meilleur que chez les PTSD. Nous discutons les implications psychopathologiques de ces résultats nous orientant vers l'idée de l'existence d'un trouble spécifique au PTSD sans pouvoir conclure s'il est un facteur vulnérant ou une conséquence de la nature traumatique de l'information