The art of invention and the invention of art : logic, rhetoric and aesthetics in the early german Enlightenment

par Stefanie Buchenau

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Allen William Wood et de Gérard Raulet.

  • Titre traduit

    Art d'invention et invention de l'art. Logique, rhétorique et esthétique dans la Frühaufklarung


  • Résumé

    Ce travail cherche à réévaluer la signification de l'esthétique de la "Frühaufklarung" dans l'histoire de l'esthétique moderne. Contre le discours classique de la littérature secondaire qui le plus souvent réduit cette esthétique à une préfiguration imparfaite de l'esthétique kantienne et postkantienne, il montre que les "Frühaufklärer" ne fondent pas seulement une tradition esthétique moderne, mais qu'ils défendent un projet cohérent et original; il convient en effet de situer leur esthétique dans le contexte du débat moderne sur "l'ars inveniendi" initié par Francis Bacon et développé par ses successeurs à l'Age classique tels que René Descartes, Gottfried Wilhelm Leibniz et Walter Ehrenfried Tschirnhaus et aussi, à l'aune du XVIIIème siècle, par Christian Wolff. Après avoir examiné les prémisses épistémologiques modernes de ce débat sur l'invention, cette étude analyse les contributions de Wolff et de ses disciples Johann Jacob Breitinger, Johann Christoph Gottsched et Alexander Gottlieb Baumgarten. Wolff introduit un tournant dans le débat antérieur en intégrant une philosophie des arts à l'intérieur de l'art d'invention général. Ses disciples transposent le paradigme heuristique moderne de la science et de la philosophie à la poésie et aux arts de représentation. Selon eux, le poète imite la nature en ce sens qu'il découvre une nature inconnue. De ce nouveau paradigme heuristique découle une nouvelle conception de la critique littéraire comme servant à la fois de méthode de jugement et d'invention. Baumgarten introduit une nouvelle perspective rhétorique, en réintroduisant l'idée cicéronienne d'invention (philosophique et rhétorique) au sein d'un contexte "logique" moderne : le vrai philosophe doit inventer des arguments à la fois cohérents et convaincants. Cette idée est au fondement de sa construction d'une seconde méthode d'invention, outre l'analyse logique, qu'il appelle "esthétique". Or cette addition d'une nouvelle discipline au sein de "l'organon" affecte le système philosophique tout entier et la psychologie et la philosophie pratique en particulier. Baumgarten propose une nouvelle division des facultés supérieures et inférieures et réserve un nouvel espace pour l'art et l'esthétique à l'intérieur de la philosophie pratique.


  • Résumé

    This work is an attempt to reassess the significance of early German Enlightenment aesthetics in the history of modern aesthetics. Against the common reading that assigns early German Enlightenment aesthetics the status of an imperfect prefiguration of Kantian and post-Kantian aesthetics, I argue that the "Frühaufklärer" not only found a genuinely modern aesthetic tradition, but that they defend a consistent and original project : their aesthetics must be viewed in the context of the modern debate on the "ars inveniendi" initiated by Francis Bacon and developed by his early modern followers, including Christian Wolff. After examining the modern epistemological premises of the debate on invention. I investigate the contributions of Wolff and his pupils, namely Johann Jacob Bodmer and Johann Jacob Breitnger, as well as Johann Christoph Gottsched and Alexander Gottlieb Baumgarten. Wolff himself introduces a turn within the earlier debate on invention in that he includes a philosophy of the arts within his general art of invention. His pupils transpose the modern heuristic paradigm from science and philosophy to poetry and the representative arts : the poet imitates nature insofar as he unveils hidden aspects of nature. From the modern view of inventio, they furthermore draw conclusions on the nature of art criticism as both a method of judgment and of invention. Baumgarten introduces a rhetorical shift within the former debate; he reintroduces a Ciceronian idea of invention concerning both logic and rhetoric within the modern logical context : the true philosopher must find arguments that are both consistent and convincing. But while Baumgarten's addition of aesthetics to logic as a second method of invention conforms to the modern paradigm of invention, it deeply changes the nature o f the "organon". These changes in turn affect the system itself, psychology and practical philosophy in particular. Baugmarten proposes a new division of the higher and lower faculties of the soul, and he carves out a space for art and aesthetics in practical philosophy.

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Informations

  • Détails : 518 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f.426-465. Notes bibliogr. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque Diderot LSHS (Lyon).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : THE 72
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