Formes et processus de la division sociale de l’espace dans une ville globale : l’exemple du grand Londres
| Auteur / Autrice : | Alexis Lebreton |
| Direction : | Petros Petsimeris |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géographie physique, humaine, économique et régionale |
| Date : | Soutenance en 2004 |
| Etablissement(s) : | Caen |
Mots clés
Résumé
Lieux privilégiés des innovations architecturales, les villes globales se caractérisent essentiellement par une réorganisation de leur espace intra-urbain associée à l’accélération des mutations de leurs structures économiques, fonctionnelles et sociales. L’examen du cas londonien montre que les dynamiques en cours inaugurent des dichotomies socio-spatiales inédites qui ne sont pas associées à des facteurs ségrégatifs nouveaux, mais plutôt aux échelles géographiques auxquelles la division sociale de l’espace se manifeste. Alors que les sectorisations héritées de la période industrielle s’atténuent au niveau de l’agglomération, des processus de ségrégation apparaissent à des échelons très fins, processus fondés sur le statut socioprofessionnel, l’appartenance ethnique et religieuse de la population. L’ajustement fonctionnel de la structure urbaine fordiste aux besoins du capitalisme global se traduit notamment par la reconquête de l’agglomération centrale par les nouvelles élites urbaines associées à la financiarisation du système productif londonien. Le paradoxe réside alors dans le fait que les quartiers affectés par la gentrification font simultanément l’objet d’une dévalorisation sociale suite à la paupérisation progressive du parc de logement municipal, ce dernier se concentrant de manière significative dans l’Inner London. L’utilisation d’une échelle très fine et l’élaboration d’une typologie basée sur les correspondances entre structures socio-spatiales et structures de l’habitat permettent d’illustrer la rencontre de ces deux processus. Inscrit dans la forme urbaine émergente, l’enchevêtrement de portions d’espace plus ou moins raccordées les unes aux autres sur le plan urbanistique, fonctionnel et social, représente un des aspects les plus singuliers de la géographie londonienne en ce début de siècle.