La philosophie comme symptomatologie chez Nietzsche

par Modeste Abagha Assecko

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Robert Damien.


  • Résumé

    Si l'étonnement philosophique est similaire à l'étonnement médical, pour Nietzsche, seules les conditions pratiques et méthodologiques diffèrent. Le philosophe montre, ainsi, par l'expérience de sa maladie, que toutes les philosophies sont des symptômes des maladies de leurs époques et que toute vraie philosophie est une philosophie des maladies de son époque. Après avoir rappelé les fondements théoriques de la philosophie nietzschéenne, nous avons déduit que le nietzschéisme est une symptomatologie des processus interprétatifs et une généalogie des affects. Ensuite, nous avons montré que Nietzsche interprète nouvellement les paradigmes médicaux, par-delà toute moraline. Pour le philosophe, la santé est une exception qui confirme la règle de la maladie. Aussi, la philosophie de la grande santé, dépasserait-t-elle l'opposition traditionnelle des conceptions du normal et du pathologique. Pour le philosophe-médecin, loin d'handicaper le créateur, l'état morbide apparaît comme un aiguillon de la volonté de connaissance. Le philosophe des profondeurs retient la décadence comme la principale cause des " axiopathologies " : l'inhibition du processus d'individuation, l'hypervulnérabilité à la souffrance du dernier homme, l'idolâtrie et le ressentiment. La physiopathologie du ressentiment constate la détérioration de l'appareil d'inhibition de la mémoire, et le diagnostic de l'idolâtrie révèle l'incidence " bioaxiologique " de la décadence. Nietzsche met aussi en évidence le caractère pathogénique et narcotique plutôt qu'iatrocratique de la médication sacerdotale. En cela, après l'anatomopathologie et la psychopathologie, l'expertise philosophique s'offre une nouvelle perspective : la philosophie de la salubrité des systèmes axiologiques et thérapeutiques.

  • Titre traduit

    Philosophy like symptomatology at Nietzsche


  • Résumé

    If the philosophical astonishment is similar with the medical astonishment, for Nietzsche, only the practical and methodological conditions differ. The philosopher shows, thus, by the experiment of his disease, that all philosophies are symptoms of the diseases of their times and that all true philosophy is a philosophy of the diseases of its time. After having pointed out the theoretical bases of philosophy nietzschéenne, we deduced that the nietzscheism is a symptomatology of the interpretative processes and a genealogy of the affects. Then, we showed that Nietzsche interprets lately the medical paradigms, beyond all moral. For the philosopher, health is an exception which confirms the rule of the disease. Also, the philosophy of the great health, would exceed it the traditional opposition of the designs of normal and the pathological one. For the philosopher-doctor, far from handicapping the creator, the morbid state seems a pivot of the will of knowledge. The philosopher depths retains the decline as the principal cause of the "axiopathologies": the inhibition of the process of individuation, hypervulnerability with the suffering of the last man, the idolatry and resentment. The physiopathology of the resentment notes the deterioration of the apparatus of inhibition of the memory, and the diagnosis of the idolatry reveals the "bioaxiologic" incidence of the decline. Nietzsche as highlights the pathogenic and narcotic character rather as iatrocratic of sacerdotal medication. In that, after the anatomopathology and psychopathology, the philosophical expertise offers a new prospect : the philosophy of the healthiness of the systems axiologics and therapeutics.

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Informations

  • Détails : 404 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 393-404

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire. Section Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : LET.BESA.2004.1012
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