L'ambivalence de la notion d'action : un exemple de diffusion de la dynamique de Leibniz, la correspondance entre Leibniz et De Volder

par Anne-Lise Rey

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Michel Fichant.

Soutenue en 2003

à Paris 4 .


  • Résumé

    Cette étude se propose d'analyser les procédés de publication de l'invention, à la fin du XVIIème siècle, d'une science nouvelle : la Dynamique. Ces procédés engagent une logique de diffusion mise en œuvre par l'inventeur même de cette science : Leibniz. Or, cette diffusion a un effet en retour sur l 'élaboration de la Dynamique. La Dynamique, comme science nouvelle de la puissance et de l'action, émerge dans le texte leibnizien à partir de 1689. Elle se présente comme une réponse critique au mécanisme de Descartes. LA vocation explicite de la Dynamique est de proposer un principe de conservation de la force à l'œuvre dans tout le mouvement des corps , mais elle informe aussi la définition de la substance. Notre objet est donc l'étude de l'élaboration d'une logique de diffusion de la Dynamique à travers l'analyse du sens de l'ambivalence de la notion d'action pour Leibniz. L'action est présenté à la fois comme principe de conservation proprement dynamique et comme essence de la substance. Nous procédons à une étude génétique de la notion d'action qui suit sa conceptualisation progressive. Cette ambivalence ne peut, toutefois être réellement comprise que si on circonscrit sa place dans le contexte intellectuel de l'époque et sa singularité à l'égard à la fois de la philosophie et de la science modernes. Notre méthode de travail consiste ainsi à essayer de ressaisir ces différents dimensions à travers l'analyse de deux correspondances latines décisives : l'une entre Leibniz et De Volder (dont nous proposons une traduction intégrale), et de l'autre entre Leibniz et Johann Bernouilli et, grâce à une notion empruntée à Granger : la notion de style. Le style se définit comme un usage du symbolisme qui permet de penser ensemble l'individuation d'une pensée propre et l'inscription de cette individuation dans la connaissance scientifique. Cela permet d'articuler deux dimensions décisives pour la Dynamique : un mode d'expression et de diffusion de la Dynamique propre à chaque adresse spécifique (un correspondant, un journal savant, un texte théorique non publié) et un système d'équivalence entre différents types d'expression d'un même contenu doctrinal, la médiation s'opérant grâce à des niveaux d'abstraction sans cesse plus élevés qui artiulent des niveaux d'expression, des niveaux d'intelligibilité et des niveaux de réalité.

  • Titre traduit

    ˜The œambivalence of the notion of action : a case of diffusion of Leibniz's dynamics : the correspondence between Leibniz and De Volder


  • Résumé

    This thesis concerns the analysis of the processes by which the newly invented science of dynamics was diffused at the end of the XVIIth century. These processes involve a strategy initiated by the inventor himself, Leibniz. This strategy, in turn, had an effect on Leibniz's elaboration of his science of dynamics. Dynamics, as a new science of force and action, emerges in 1689 in Leibniz's "Dynamica de potential". It presents itself as a critical response to Descartes' mechanics. The explicit aim of dynamics is to propound a conservation principle of the force which holds for every bodily motion, the dynamics also informs the definition of the notion of substance. We want to explain the elaboration of Leibniz's strategy for diffusing the dynamics through the study of the notion of action and its ambivalence. Action is thus at the same time a dynamical conservation principle and the essence of substance. We propose a genetic study of the evolution of the gradual process by which the notion of action comes to have the meaning that it does. Though we can attain a partial understanding of this notion through a study of the logic of Leibniz's own thought, a full understanding of it requires circumscribing its role in the contemporaneous intellectual context and apprehending its singularity with regard to modern philosophy and science. We pull together these different aspects through the analysis of two important Latin correspondences (which we translate), the one between Leibniz and De Volter, and the other between Leibniz and Johann Bernoulli, with the help of the concept of style, borrowed from G. -G. Granger. Style can be defined as the use of symbolism by a thinker which permits one to consider a thought in its individual specificity at the same time as that individually specific thought is integrated into scientific knowledge. This concept of style allows to articulate two central aspects of the dynamics : a way of expression and diffusion proper to each specific audience (to correspondents, readers of learned journals, or to the audience of theoretical texts) and the system of equivalence between different ways of expressing the same doctrinal content, which operates thanks to higher and higher levels of abstraction, which articulate levels of expression with levels of intelligibility and levels of reality.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (904 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 219 réf. bibliogr.

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  • Cote : MC 6995
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