Vies imaginaires : le récit biographique comme genre littéraire aux dix-neuvième et vingtième siècles

par Alexandre Gefen

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Jean-Yves Tadié.

Soutenue en 2003

à Paris 4 .


  • Résumé

    Ce travail a pour objet l'inventaire et l'étude des divers usages du récit biographique dans la littérature française des XIXe et XXe siècles : fictions hagiographiques, romans à chronotope biographique, " biographèmes ", vies de personnages imaginaires ou vies imaginaires de personnages réels, " biofictions ". Ces textes, dont les Vies imaginaires de M. Schwob (1896) et les Vies minuscules de P. Michon (1994) fournissent les deux modèles déterminants, s'opposent aux représentations de la biographie historique positive comme aux existences illustres ou exemplaires produites par la mémoire collective : ils exploitent le modèle énonciatif, narratif et topique de la biographie à un profit esthétique, volontiers ludique et démythificateur. Posant des problèmes théoriques majeurs de classement générique et statutaire, ces vies possèdent un rôle substantiel, non seulement dans la définition du champ moderne de la littérature, mais aussi dans les renouvellements de sa poétique. Lieu privilégié de réflexion de l'écrivain sur lui-même, ces textes souvent brefs ou fragmentaires offrent en effet un refuge au roman, qu'ils portent à la démesure et à la sacralisation de l'écriture (puisqu'ils se font le lieu d'une seconde genèse), ou à un réalisme égalitaire et matérialiste. Ils produisent à la fois une intelligence de la totalité vitale (un destin romanesque ou minuscule, tragique ou ludique) et un mode d'enquête, direct ou oblique, sur autrui. Laboratoire littéraire des identités personnelles et nouvel art de la mémoire, ces vies se définissent avec R. Barthes comme le rêve d'" une science impossible de l'être unique " et résonnent des échos parfois contradictoires de l'orgueil de la différence et du devoir de transmission propre à la culture moderne ; à ce titre, elles témoignent des enjeux herméneutiques et cognitifs pesant sur la fiction littéraire lorsque celle-ci se doit d'être un humanisme ou une religion de substitution.

  • Titre traduit

    Imaginary lives, the biographical narrative as a literary genre, nineteen and twenthieth centuries


  • Résumé

    This work offers a repertoire and an analysis of the different uses of biographical narration in French Literature, both in the XIXth and the XXth century: hagiographic fictions, novels with a biographical chronotope, "biographèmes", lives of imaginary characters or imaginary lives of actual characters, "biofictions". These texts, for which the Vies imaginaires by M. Schwob (1896) and the Vies minuscules by P. Michon (1994) offer two major models, enter in opposition with the representations of positive historical biographies and with the famous or exemplary lives produced by a collective memory: they use the linguistic, narrative and topical patterns of biography with an aesthetical aim, often in a playful and demystifying way. Giving rise to major theoretical questions concerning classifications of genres and status, these lives play an important part in defining the modern literary field and in the renewal of poetics. Major occasions for a reflection upon himself by the writer, often brief or fragmentary, these texts serve in effect as an alternative for the novel, whether they lead to excess in measure and sacralization of writing (since they become the place for a second genesis), or to an egalitarian and materialistic realism. They embrace at the same time the understanding of a vital totality (a destiny, be it small, romance-like, tragic or playful) and a direct or oblique way of enquiring on other people. Literary workshop for personal identities and new art of memory, these lives can be defined, with R. Barthes, as "the impossible science of the unique being" and echo the contradictory tendencies of modern culture that constitute the pride of difference and the duty of transmission; in this way, they bear witness to the hermeneutic and cognitive stakes of literary fiction when it has to be a substitutive humanism or religion.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (344 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 308 références bibliographiques

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Paris-Sorbonne Paris 4. Service commun de la documentation. Bibliothèque Serpente.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : BUT 5688

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MC 6917
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.