Thèse soutenue

La Sérénissime masquée au XVIIIe siècle : ''Le masque en tant qu'élément unificateur du théâtre, de la peinture et de la musique''

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Auteur / Autrice : Céline Maqua-Moretti
Direction : Michelle Barbe
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Musicologie
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

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Omniprésent dans la société vénitienne du XVIIIe siècle, le masque apparaît comme un outil sociologique et culturel idéal pour témoigner de l'interaction du théâtre, de la peinture et de la musique à cette même époque et dans un même lieu. Riche de significations psychologiques et symboliques, il est depuis la nuit des temps, et dans toute société un objet social au rôle dominant. Si cette fonction ethnosociologique est incontestable, sa dimension artistique ne l'est pas moins, et des artistes comme Goldoni, Galuppi, Longhi et Tiepolo l'ont bien compris, puisqu'ils l'ont largement utilisé dans leurs œuvres pour exprimer avec dérision leur vision de la décadence et du déclin de la République de Venise, en même temps que leur crainte d'un avenir incertain. Le masque revêt aussi un caractère de messager et son utilisation dépasse la simple reproduction de son existence dans la vie quotidienne et constitue une clef d'entrée, unifiant le regard et établissant une passerelle entre des domaines à priori indépendants. Parodiant ou caricaturant courageusement la situation sociale de leur époque, minutieusement observée, entre satire et contemplation souriante, avec un réalisme teinté de grotesque, ils font défiler à la manière d'un kalei͏̈doscope une véritable comédie humaine dans laquelle le masque représente en quelque sorte le moyen de démasquer une société en pleine mutation. Le masque peut être dans ce cas considéré comme l'articulation et l'outil d'interaction le plus significatif entre les œuvres de ces artistes.