Lou Andreas-Salomé et l'anthropologie de son temps
| Auteur / Autrice : | Isabelle Mons |
| Direction : | Stéphane Michaud |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature générale et comparée |
| Date : | Soutenance en 2003 |
| Etablissement(s) : | Paris 3 |
Résumé
L'œuvre de Lou Andreas-Salomé (1861-1937) est au carrefour de différentes cultures (européenne, slave, orientale). Au-delà de l'histoire des femmes, elle appartient à l'histoire des idées et à l'univers de la psychanalyse. Figure charismatique de la femme fin de siècle, Lou Andreas-Salomé est critique, essayiste, diariste, biographe, épistolière et romancière. Elle est aussi l'une des premières intellectuelles à établir un lien entre les disciplines : les lettres (pensée nietzschéenne et Lebensphilosophie, poésie rilkéenne, théâtre naturaliste), les arts (peinture, sculpture), les religions (leur histoire et leurs différences) répondent aux sciences (psychologie, biologie, entomologie, zoologie, psychanalyse). Lou Andreas-Salomé place l'être humain au centre d'une étude dont les paradigmes psychologisants et religieux constituent, entre 1885 et 1911, une préparation fondamentale à son analyse clinique de la psyché : l'Homme est en quête de sa nature première, oubliée sous l'influence des valeurs individualistes de la modernité ; la foi en Dieu, le pouvoir rédempteur de l'Eros, la création artistique le reconduisent vers le confort de la totalité originelle. Dès 1912, la pensée anthropologique de Lou Andreas-Salomé dépasse le cadre de la Tiefenpsychologie : en devenant analyste, la femme-écrivain apporte une subtile contribution à la compréhension de l'inconscient et de l'identité sexuelle de la femme, symbole d'humanité. Le retour au moi profond, thème fédérateur, participe d'une apologie de la vie : il est le fondement de son discours littéraire et psychanalytique qui devient ainsi le moyen jumeau de la connaissance anthropologique.