Les plaisirs de la peur : esthétique gothique et fantastique dans le théâtre de Shakespeare

par Sophie Lemercier-Goddard

Thèse de doctorat en Études du monde anglophone

Sous la direction de François Laroque.

Soutenue en 2003

à Paris 3 .


  • Résumé

    Les liens qui se tissent entre Shakespeare et le roman gothique sont à double sens. En invitant Shakespeare dans le paratexte et l'intertexte de leurs récits, les romanciers gothiques revendiquent une caution littéraire et culturelle. La présence tutélaire du dramaturge participe d'un processus de légitimation tandis que le surnaturel shakespearien leur sert de modèle, les uns, comme Radcliffe, s'orientant vers une écriture de la terreur, les autres, comme Lewis, optant pour l'horreur. En échange, les auteurs gothiques mettent en lumière un Shakespeare inhabituel. La re����currence de motifs tels que la belle endormie, l'espace infini, le labyrinthe, le voile, la spectralisation de la femme, montre que l'angoisse dans le théâtre de Shakespeare s'inscrit dans une esthétique que l'on peut à juste titre qualifier de fantastique. Les jeux intertextuels des romans gothiques mettent en scène une écriture palimpsestueuse, où l'espace étranger du texte de Shakespeare devient l'espace de l'étrange.

  • Titre traduit

    The pleasures of fear : the gothic and the fantastic in Shakespeare's theatre


  • Résumé

    The links between Shakespeare and the Gothic Novel are twofold. The Shakespearean intertext in the novels of Walpole, Radcliffe and Lewis is used as cultural and literary capital : the protective presence of Shakespeare is part of a process of recognition which helped to legitimate Gothic writing as genre. At the same time, Gothic supernatural is modelled on Shakespeare's ghosts. Hamlet defines Radcliffe's use of terror while Macbeth exemplifies male Gothic based on horror. In turn, the gothic novelists' reading of Shakespeare reveals an aesthetic of the fantastic in his plays. Gothic motifs such as the infinite space, the labyrinth, the veil are all to be found in his plays while the key image of the sleeping maiden embraced by Death finds its source in Juliet, Desdemona and Imogen. Intertextuality in the Gothic novel lifts the veil and shows the uncanny in Shakespeare's theatre.

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Informations

  • Détails : 606 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 549-595. Index

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