Julius Valérius et le corpus alexandrin du IVe siècle : présentation et traduction, suivies d'une étude de synthèse

par Ingrid Brenez

Thèse de doctorat en Lettres et langues

Sous la direction de Gérard Nauroy.

Soutenue en 0200

à Metz .


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  • Résumé

    Au IV e siècle, plusieurs ouvrages sur Alexandre le Grand voient le jour, dont trois offrent un récit plus ou moins complet de sa vie : les Res gestae Alexandri Macedonis de Julius Valérius, l'itinerarium Alexandri et Epitoma rerum gestarum Alexandri Magni plus connu sous le titre d'Epitomé de Metz, accolée au Liber de morte testamentoque Alexandri conservé dans le même manuscrit. Différents par leurs sources et leur genre littéraire, ils sont moins disparates qu'il ne paraît. Ils présentent une forte unité thématique autour des rapports entre les barbares et le roi des Macédoiniens, fait l'empereur romain. L'assimilation d'Alexandre avec les romains est poussée jusqu'au détail, depuis l'éducation jusqu'aux conditions de la mort. Le pouvoir est sacralisé, il tend de plus en plus à l'absolutisme. La religion d'Alexandre reflète les choix religieux des aristocrates pai͏̈ens. Ces textes de l'Antiquité tardive apportent un profond changement par rapport à la tradition, au prix, d'une perte d'identité pour l'Alexandre historique. En relation avec la situation politique du IV e siècle, ils se posent avec force le problème de l'intégration des barbares : le sentiment grandissant de la fragilité de l'Empire exacerbe peu à peu le refus de l'autre ; Grecs et Romains ne forment plus qu'un pour imposer aux barbares, de gré ou de force, leur civilisation - la seule véritable. Et, surtout, ces textes dressent en face des barbares une conception nouvelle de l'empereur comme monarque absolu, doté de toutes vertus, tel Hercule et Ulysse. Il organise l'espace en fondant des cités, sa justice rétablit l'ordre menacé. La nécessité d'une monarchie absolue est affirmée comme voulue par les dieux. Elle est dominée par l'idéal romain de sacrifice au bien de la communauté. Du coup, la mort de l'empereur est ressentie comme une catastrophe mondiale. La démocratie athénienne et la république romaine étant renvoyées dos à dos, la monarchie n'apparaît plus comme réservée aux barbares. La représentation d'Alexandre en figure de souverain idéal constitue l'apport original de l'Antiquité tardive à la longue et multiforme tradition qu'ont suscitée la personne et les res gestae du conquérant macédonien. Ces textes nous permettent ainsi de mieux cerner un genre nouveau que l'on a appelé l'"histoire romancée", et qui est peut-être simplement le récit historique tel que l'envisageait l'Antiquité tardive.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (1020 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f.[1003]-1016

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