Fama, enormia : l'enquête sur les crimes de l'évêque d'Albi Bernard de Castanet (1307-1308) : gouvernement et contestation au temps de la théocratie pontificale et de l'hérésie des bons hommes

par Julien Théry

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jacques Chiffoleau.

Soutenue en 2003

à Lyon 2 .


  • Résumé

    En 1307-1308, le pape Clément V fit mener une enquête sur les crimes imputés à l'évêque d'Albi Bernard de Castanet par deux chanoines de la cathédrale, qui avaient présenté contre ce dernier, à la Curie romaine, une liste d'accusations. Le prélat était accusé de négligence pastorale, de simonie, de dilapidation, d'irrégularités et cruautés systématiques dans l'exercice de la justice, d'assassinats, enfin d'incontinence. Peu après l'audition par les enquêteurs pontificaux, à Albi, de cent quatorze témoins produits par les dénonciateurs, le pape annula la procédure. Mais trois jours plus tard, il désavoua l'évêque en le transférant du siège d'Albi à celui, bien moins prestigieux, du Puy. L'étude de cette affaire, à partir d'une édition critique des actes de l'enquête d'Albi (conservés dans le registre 404 des Collectoriae aux Archives du Vatican) -édition dotée d'une annotation historique regroupant des recherches prosopographiques, dans une large documentation , sur les personnages en cause-, replace la démarche des dénonciateurs dans l'histoire conflictuelle de l'épiscopat de Bernard de Castanet (1276-1308) et démontre la continuité entre la volonté des temoins d'accréditer les crimes de ce dernier, d'une part, et, d'autre part, la lutte de l'oligarchie urbaine contre la juridiction seigneuriale de l'évêque, mais aussi le mouvement anti-inquisitorial dirigé par frère Bernard Délicieux dans les années 1299-1306. Durement combattue par l'évêque, l'hérésie des bons hommes s'avère en effet être au coeur de l'affaire, bien qu'elle soit passée sous silence par les dénonciateurs. L'analyse met en valeur la nature informelle et les fondements sociaux et théologico-politiques de la dissidence religieuse. Par ailleurs, en replaçant la procédure dans la série des processus inquistionis pour "crimes énormes" (enormia) menées par les papes contre les prélats depuis le début du XIIIe siècle et en l'étudiant en termes juridiques, l'étude de ce casus montre le rôle de l'enquête, comme instrument du gouvernement d'Etat, dans la construction d'une opinion publique (fama), ainsi que dans la différenciation d'une sphère administrative, à partir de la matrice judiciaire, à la fin du Moyen Age.


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  • Détails : 3 vol. (512, 473, 81 f.)
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