Contribution à l'étude du test des micronoyaux en tant que biomarqueur de cancer

par Marjorie Baciuchka-Palmaro

Thèse de doctorat en Biosciences de l'environnement et santé

Sous la direction de Alain Botta.

Soutenue en 2003

à Aix-Marseille 2 .


  • Résumé

    Comprendre la nature et l’évolution des évènements qui surviennent lors d’une exposition à un ou plusieurs agents carcinogènes et entraînent l’émergence d’une pathologie comme le cancer est un des grands challenges de la recherche en épidémiologie moléculaire. Un lien direct a été établi entre les anomalies chromosomiques et le cancer. La notion d'instabilité génomique doit être estimée dès lors que les premières étapes du processus carcinogénique sont amorcées. Ainsi, pour appréhender au mieux le risque de cancer, ces dernières années ont vu naître un regain d'intérêt dans l'étude de biomarqueurs de l'instabilité génomique, évènement intermédiaire se situant entre une exposition à un composé carcinogène et le développement ultime de la maladie cancéreuse. Dans notre étude, nous avons donc analysé les relations entre, d'une part, un biomarqueur connu (le test des micronoyaux sur lymphocytes T), d'autre part, des données cliniques et environnementales de 31 patients cancéreux, avant tout traitement. Nous avons par ailleurs analysé les corrélations entre les micronoyaux et les anticorps anti-P53 circulants chez ces mêmes patients. Une analyse qualitative des mutations chromosomiques générant des micronoyaux consécutivement à des évènements tantôt aneugènes, tantôt clastogènes, a été réalisée au moyen du test des micronoyaux associé à l'hybridation in situ fluorescente (FISH) par sondes pancentromériques. Les principaux résultats mettent à nouveau en évidence une fréquence anormalement élevée de lymphocytes micronucléés (18,5 ‰). Nous observons la présence chez 26 % des patients des anticorps anti-P53 circulants. Les patients présentant une exposition globale ont un taux particulièrement élevé de lymphocytes micronucléés (22,1 ‰) par rapport aux patients non exposés (14,1 ‰). L’analyse qualitative des lymphocytes micronucléés montre que les taux de micronoyaux acentromériques, centromériques et multi- centromériques sont approximativement 2 fois plus élevés. Ainsi, il est possible que les anomalies clastogéniques élevées chez les patients cancéreux soient le reflet d’une exposition à des génotoxiques directs ou consécutifs à des cassures double brin non réparées de l’ADN. Une nette prédominance des phénomènes aneugéniques (70%) est observée. La perte d'un chromosome entier semble donc être l'événement prédominant dans la formation de ces micronoyaux. Il est intéressant d'observer que, d’une part, 50% des micronoyaux contiennent plusieurs chromosomes et, d’autre part, les deux tiers des micronoyaux centromériques contiennent plusieurs chromosomes. Dès lors, la plupart des évènements aneugéniques conduisant à la formation de micronoyaux implique plusieurs chromosomes. Il apparaît également remarquable que la perte de multiples chromosomes au sein d’une même cellule conduit plus fréquemment à la formation d’un seul micronoyau multi-centromérique plutôt qu’à plusieurs micronoyaux mono-centromériques. Par ailleurs, les cellules trinucléées sont plus fréquentes chez les patients cancéreux que chez les témoins mais la différence n’est pas significative. La plupart des évènements aneugéniques semblent résulter des dysfonctionnements cellulaires au niveau des centrosomes. En conclusion, les micronoyaux observés dans les lymphocytes circulants des patients porteurs de cancer sont le reflet essentiellement des anomalies chromosomiques de nombre. Les événements clastogéniques sont donc importants; toutefois les évènements aneugéniques surviennent fréquemment dans ces cellules. Dès lors, les mutations chromosomiques et génomiques sont impliquées dans l'instabilité génomique. Actuellement, les relations causales entre carcinogenèse et évènements aneugènes et/ou clastogènes restent encore à préciser.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (164 f.-[24] f. )
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr., 232 réf.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université d'Aix-Marseille (Marseille. Timone). Service commun de la documentation. Bibliothèque de médecine - odontologie.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 2003/AIX2/0689Ubis
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