Divinisation de l'empereur et calendrier : une mise en oeuvre littéraire dans les "Fastes" d'Ovide

par Maud Pfaff-Reydellet

Thèse de doctorat en Langues et littératures anciennes. Latin

Sous la direction de Gérard Freyburger.

Soutenue en 2002

à Strasbourg 2 .


  • Résumé

    Dans les Fastes, Ovide propose un commentaire, composé en distiques élégiaques, du calendrier public romain et de ses transformations au début de l'Empire, avec l'introduction de fêtes commémorant les exploits d'Auguste, ou de membres éminents de sa " maison ". Or le poète n'est nullement soumis à un " discours officiel " qui lui serait imposé par le prince. Totalement maître du jeu dans son enquête étiologique, Ovide se joue des contraintes formelles du calendrier : il n'est pas tenu de respecter scrupuleusement l'ordre d'apparition des fêtes, mais se livre à un habile " montage ", nous invitant à considérer " en série " différents épisodes, pour relever des dissonances. L'écriture élégiaque se présente comme " secondaire " par rapport au grand genre épique, donc comme d'emblée problématique, mais le travail mené par Ovide sur les effets de " tension " ne saurait être considéré dans une optique exclusivement littéraire : il révèle aussi les débats contemporains sur l'évolution de la religion publique. " L'esthétique de la séquence " mise en œuvre tout au long du poème permet à Ovide d'analyser les différentes composantes du statut divin promis à l'empereur. De même, il évoque les levers et couchers de constellations, instaurant un dialogue entre temps de la cité et temps des dieux, pour montrer comment l'empereur modifie les formes du " pacte " conclu entre les deux mondes. Enfin, la réflexion proposée sur l'apothéose, analysée dans ses rites et ses mythes, constate la naissance d'une dynastie impériale, qui assurera la transmission du pouvoir d'exception mis en place. Les Fastes témoignent donc d'une réflexion théologique et politique originale, ainsi que d'un talent littéraire accompli. Autrefois dépréciée comme une marque de désinvolture, leur virtuosité poétique témoigne, au contraire, d'une profonde intelligence de la religion romaine : c'est avec une grande finesse qu'Ovide analyse les ambigui͏̈tés de la " restauration républicaine " d'Auguste.

  • Titre traduit

    Divinisation of the emperor and calendar : a literary representation in Ovid's "Fasti"


  • Résumé

    Ovids "Fasti" offers a commentary on the Roman public calendar and acutely stresses its transformations at the beginning of the Empire, with the introduction of new festivals celebrating Augustus and important members of his family. The poet doesn't have to submit to any "official discourse" : he is playing with the formal structure of the calendar, and his clever "montage" reveals essential "tensions" not only in the elegiac writing, but also in the public religion. The complex construction based on "sequences" enables Ovid to analyse the components of the divine status promised to the "princeps" after his death. The poet also mentions the rising and setting of the constellations, which are interpreted as signals of the dialogue between gods an men. Ovid wants to show how Augustus is manipulating celestial rhythms in order to come closer to the gods. His reflection about the apotheosis notices the birth of a dynasty, which will care about the transmission of the great imperial power. In the "Fasti", Ovid presents original ideas about politics and religion and shows a great literary talent. His poetic virtuosity doesn't impede his theological reflection, on the contrary, it represents a tool for his aetiological inquiry.

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Informations

  • Détails : 359 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 327-356

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  • Bibliothèque : Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TM.500.732,2002
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