La raison à l'épreuve de la Catastrophe : une Leçon des Ténèbres

par Orietta Ombrosi

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Catherine Chalier.

Soutenue en 2002

à Paris 10 .


  • Résumé

    Cette thèse Doctorat s'inscrit dans une interrogation sur les conditions de possibilité d'une pensée porteuse de mémoire, capable de supporter la mémoire et le témoignage de la Shoah. Bien que l'incommensurabilité de l'événement d'Auschwitz échappe aux catégories de la pensée, il est nécessaire de s'interroger sur les questions nées sur ses cendres et sur l'échec de la raison prouvé par cette Catastrophe. Pour autant que la pensée soit pensée du présent, elle ne peut ignorer Auschwitz. Car « ses morts ne furent pas les derniers ». Car, selon la phrase de Walter Benjamin « si l'ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sécurité ». Alors, pour que le mal et ses vainqueurs n'aient pas le dernier mot et que le silence des victimes résonne encore dans les oreilles des vivants, pour que le passé reste toujours vivant et soit racheté dans l'instant du présent, il est nécessaire que la lucidité de la pensée philosophique recherche les motivations profondes selon lesquelles la raison peut aussi engendrer la barbarie. Cette recherche vise donc à mettre en relation l'événement historique de la Shoah et les réflexions que des philosophes comme Theodor W. Adorno, Max Horkheimer, Emmanuel Lévinas et, avant l'heure, Walter Benjamin, ont pu avoir sur ce sujet et elle se confronte avec les questions à lesquelles ils se sont heurtés, en s'arrêtant tout particulièrement sur le concept même de raison et sur la critique de la domination. Et cela, afin d'esquisser un parcours autre pour la philosophie, un parcours se mouvant sous le signe du témoignage.

  • Titre traduit

    Reason under the ordeal of Catastrophe : a Lesson from Darkness


  • Résumé

    This doctoral thesis is concerned with an investigation of the conditions necessary for the thinking that enables memory capable of the remembrance and testimony of the Holocaust. Although the event of Auschwitz is inconceivable within the traditional categories of thinking, it is necessary to ask those questions arising from its ashes and the failure of human reason evidenced by this catastrophe. To the extent to which thinking is thought in the present, Auschwitz cannot be ignored. For "dead were not the last ones". According to Walter Benjamin, "if the enemy triumphs, even the dead will not be safe". So that evil and its perpetrators do not have the last word and so that the victims are not silent in the ears of the living, the past must remain alive forever and redeemed in the present. Therefore, the clarity of philosophic thought searches for the profound motivations by which human reason is able to generate barbarity. The purpose of this research is to relate the historical event of the Holocaust to the thinking of philosophers like Theodor W. Adorno, Max Horkheimer, Emmanuel Lévinas, and, even before the historic event itself, Walter Benjamin. Further, to confront the questions with which they were engaged, with particular attention to the concept of reason itself and a critique of its domination. The goal of this thesis is to outline a different direction for philosophy, a direction characterized by remembrance and testimony.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (470 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 435-470

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 02 PA10-180
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