La construction sociale des risques majeurs et de la crise à la télévision : quelle participation à l'élaboration d'une culture de sécurité ?

par Delphine Tandé

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Béatrice Cormier-Rodier et de Jean Mouchon.

Soutenue en 2002

à Paris 10 .


  • Résumé

    Thèmes à forte résonance politique et sociale depuis les années quatre-vingt, le risque majeur et la crise questionnent la capacité d'une société à définir des objectifs collectifs et à réunir les individus autour d'une cause commune de sécurité. Les divergences socioculturelles des acteurs impliqués dans la gestion des crises imposent de penser la sécurité de manière globale soit de définir des référents, des normes et des valeurs partageables. Historiquement construite autour de référents techniques et opérationnels destinés aux professionnels de l'urgence, la culture de sécurité dévoile ses limites. Alors que la crise interroge le fonctionnement du système démocratique, remet en question les processus d'information des populations sur les dangers qui les menacent et de participation des citoyens au choix de société, elle est insuffisamment globale et manque d'envergure collective. La télévision qui socialise et politise la crise, présente dès lors des enjeux. En réunissant sur des mêmes scènes l'ensemble des acteurs sociaux (représentant d'entreprise et de la société civile, politique, citoyen, experts, secouristes) certains débats télévisés, reportages et documentaires construisent une vision de la culture de sécurité autre que technique. Mais, les règles cloisonnantes qui président à l'organisation des débats, à la construction des discours et à la représentation des rôles sociaux restreignent sa portée collective. Figures de la défense des intérêts particuliers, des relations conflictuelles, d'un dialogue social stérile, d'un citoyen-victime non politisé et de politiques désunis, les émissions travaillent l'éclatement social. Si l'espace social est bien visible, les questions sociopolitiques ne sont qu'effleurées. En l'absence de représentations relatives à un projet politique et à une cohésion sociale, la culture de sécurité n'est pas fédératrice. Toutefois ces émissions ne sauraient être tenues pour responsables d'un problème de société plus profond.

  • Titre traduit

    ˜The œsocial construction of the risks and of the crisis on television : which would be the participation given to the making of a culture of safety ?


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    These topics have a strong political and social meaning since the eighties, the question of the risk and the crisis is challenging the ability of a society to define collective objectives and to bring together individuals around a common notion of safety. We have to think the idea of safety from a general perspective or to delimit the points of reference, the standards and the shareable values due to the socio-cultural divergences of the players involved in the crisis management. Historically built around technical and operational materials intended for the emergency professionals (experts), the culture of safety reveals its limits. Whereas, the crisis questions the performance of the democratic system, challenges the information methods concerning dangers threatening citizens as well as their role in their choices for a society, this culture is insufficiently global and lacks a collective scope. The television then, socializing and turning the crisis political, shows some stakes. Some televised debates, reports and documentaries are building up a concept of the culture of safety other than technical, by exposing the entire social protagonists, could they be ; company representatives, speakers for a civic society, politicians, citizens, experts or first-aid workers. However, the partitioning rules imposed during the debates organization, the construction of speeches or the representation of the social participants restrict this concept collective range. Advocates of the individual interest, mediators in conflicting relations, patrons of a sterile social dialogue, of a depiction of a not politicized victimized citizen and antagonistic politics the programs are promoting a social division. If the social space is clearly visible, the major social and political questions are barely covered. Without the representation relating to a political project and a social cohesion, the culture of safety does not federate. Nevertheless, these programming shouldn't be held responsible for a deeper society problem.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (411 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 349-377. Index

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 02 PA10-118
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