A la recherche du temps perdu et la question de la langue française

par Sylvie Bougeard-Pierron

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Jacques Neefs.

Soutenue en 2002

à Paris 8 .


  • Résumé

    Si la langue est inséparable de la littérature, la "langue française" - dans sa spécificité nationale, culturelle et linguistique - est pour sa part moins une évidence qu'une question que la littérature, voire une époque littéraire, se pose. Envisageant dans À la recherche du temps perdu la " question de la langue française ", nous relions dans un premier temps les langages de personnages à la présence d'un narrateur-philologue dans le but de renouveler la conception de leur rôle conjoint dans l'économie du roman. Puis dépassant cette mise en scène de la langue en roman, nous examinons trois termes métalexicaux : "langue", "Nom" et "génie" de la langue qui représentent chacun, à la fois une facette du discours du narrateur sur la langue et une manière dont l'activité sémantique spécifique en roman déborde tout commentaire linguistique et dépossède, au profit du lecteur, le narrateur qui s'en croyait maître. Ce premier examen de la question de la langue française en roman fait apercevoir l'abîme qui sépare notre ère linguistique de celle de la fin du XIXe siècle et rend nécessaire de saisir la complexité du syntagme " langue française " dans les discours d'époque, afin de prendre toute la mesure de ses enjeux linguistiques autant qu'esthétiques dans la Recherche. La mise en évidence d'un débat sur la " crise du français ", entre Sedan et 14, éclaire particulièrement les choix esthétiques et les innovations verbales des avant-gardes littéraires de cette charnière de siècles, en regard desquelles nous étudions l'évolution des idées esthético-linguistiques de Proust. Munie de ce "hors-texte", c'est dans la Recherche elle-même que nous trouvons la meilleure preuve d'une imprégnation de l'esthétique proustienne par les réflexions linguistiques de son temps. C'est à une combinaison inédite d'une théorie scientifique du sens et d'une théorie poétique de l'écho, que nous devons certains modes de construction sémiotique de ce roman.

  • Titre traduit

    A la recherche du temps perdu and the question of french language


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    If language is inseparable from literature, the "French language" - in its characteristics, national, cultural and linguistic - is for its part of less evidential value than is a question, which the literature, or even a literary époque, poses from time to time. In considering the question of " the French language " in À la recherche du temps perdu, in the first instance, we link up the language of the characters to the presence of a narrator-philologist with the purpose of renewing the conception of their joint role in the structure of the novel. Going on from this characterisation of language in the novel, we examine three metalexical terms : "langue", "Nom" and "génie de la langue", each of which represents, at the same time, a facet of the narrator's view of the language, and in addition, a way in which the specific semantic working of the novel goes beyond any linguistic commentary and, to the benefit of the reader, takes it away from the narrator who believed he was holding onto it. This first examination of the question of the French language in the novel makes one aware of the abyss which separates our linguistic era from that at the end of the XIXth century, and makes it necessary to appreciate the complexity of this " langue française ", in the writings of the period, in order to plumb the depths of these issues, linguistic as well as aesthetic, in the Recherche. The prominent place of a debate on the "crise du français", between 1870 and 1914, particularly illuminates the aesthetic choices and the verbal innovations of the literary avant-garde of this period of transition between the centuries, in relation to which we study the evolution of the aesthetical-linguistic ideas of Proust. Fortified with this "hors-texte" it is in the Recherche itself that we find the best proof of the infusion of the Proustian aesthetic by the linguistic thinking of his time. It is to an original combining of a scientific theory of meaning and a poetical theory of "echoe" that we owe certain types of semiotic construction of this novel

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2005 par Presses universitaires de Vincennes à Saint-Denis

Ce beau français un peu individuel : Proust et la langue


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La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 511 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. 465-507

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TH 1733
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Cette thèse a donné lieu à 1 publication .

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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2005 par Presses universitaires de Vincennes à Saint-Denis

Informations

  • Sous le titre : Ce beau français un peu individuel : Proust et la langue
  • Dans la collection : ˜L'œImaginaire du texte , 0986-5152
  • Détails : 1 vol. (261 p.)
  • ISBN : 2-84292-160-7
  • Annexes : Bibliogr. p. [255]-261. Notes bibliogr. en fin de chapitres
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