L'Australie du tourisme ou la société de conservation

par Patrick Poncet

Thèse de doctorat en Lettres, sciences humaines et sociales

Sous la direction de Rémy Knafou.

Soutenue en 2002

à Paris 7 .


  • Résumé

    Dans le monde occidental, à la suite du chamboulement transitoire post-moderne, un mouvement de civilisation émerge, qui conduit des sociétés à s'organiser en fonction d'un objectif globalement conservatoire; c'est le cas de l'Australie. Elles réinterprètent ainsi la notion propre de progrès, reconsidérant la place et le rôle qu'elles accordent au passé et à l'avenir, et donc leur propre rôle dans l'histoire et le Monde, redéfinissant les bases spatiales de l'identité et des processus d'identification. Nous nommons ce modèle la "société de conservation", étayée par une "culture de conservation". Au géographe, la conservation pose le problème des points fixes de l'espace, et de la permanence des localisations. Pourquoi le lieu, qui est en permanente recomposition, n'est pas aussi en permanente relocalisation ? Longtemps, la question a trouvé une réponse provisoire, parfois naturelle, partant du principe que le passé s'imposait soit matériellement, soit idéalement au présent. Entre héritages et mémoires, entre bâti et patrimoine, la pensée de la permanence en géographie était dominée par les figures de l'enracinement des hommes et l'immobilité des pierres, fruit d'une approche surtout attentive aux obstacles. Il s'agit maintenant de penser le "lieu légitime". Notre propos est ainsi l'étude de la médiation spatiale dans la fabrication identitaire et la transmission. Ensemble de faits, approche du social, et époque historique, le tourisme est un des agents contempoains de l'identité. Ainsi, nous invitons à l'abandon des problématiques identitaires qui placent le tourisme en position de menace de l'identité, de facteur d'instabilité, ne confinant qu'à des conclusions conformes aux biais des hypothèses qui les fondent. Trois éléments - des objets spatiaux, des temps, des lieux - sont ainsi mis en relation pour éclairer autant que possible les logiques spatiales de la conservation à l'échelle d'une société.


  • Résumé

    Following the postmodern upheaval, a trend in civilisations is emerging in the western world, leading societies to get organised according to an overall objective of conservation. With Australia as a model these societies are revising the notion of progress and the status granted to the past and the future. Consequently, they are re-assessing their position in history and in the world, while redefining the roots of identity and of identification processes. We call this model "conservation society". It is underpinned by a "conservation culture". In the course of his study of the conservation process, the geographer is confronted to the problem of spatial immutability and to the question of the recurrent patterns of settlement. Indeed, how come a locus which is in constant recomposition is not in constant relocation ? The answer as for a long time remained incomplete or given as self-evident on the grounds that the past naturally reasserts itself in the present (either physically or subjectively). Between inheritance and remembrance, building and heritage, the reflection on permanence in geography was so far dominated by such features as the roots of man and the stillness of stones, following a stonewall approach. It is now our task to define the "legitimate place". Our purpose is thus to study the mediation through space of identity construction and transmission processes. Given that tourism is an approach to social and historical issues as well as an array of facts, it stands as one of the contemporary agents for the production of identity. This induces us to leave aside ethnic approaches which present tourism as a threat for identity and a cause of imbalance among ethnic groups, since in this case, conclusions invariably narrow down to mere duplicates of the biased hypothesis they rely on. The three elements which are spatial objects, temporalities and places, are thus correlated to enlighten the spatial logics of conservation on the scale of society.

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Informations

  • Détails : 377 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2002) 061
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