Théorie politique et philosophie du droit chez Julien Freund

par Sébastien de La Touanne

Thèse de doctorat en Droit public

Sous la direction de Philippe Raynaud.

Soutenue en 2002

à Paris2 .


  • Résumé

    Philosophe et sociologue, Julien Freund s'est attaché à élucider les ambiguïté et les paradoxes de la politique. Son approche phénoménologique de cette activité humaine fondamentale est plus " réaliste " qu' " idéaliste ", dans la mesure où il cherche à décrire le phénomène politique tel qu'il est dans la réalité humaine et non tel qu'il voudrait qu'il soit idéalement. Dans cette perspective, il a recherché ce qui caractérise l'activité politique en propre, c'est à dire ce qui la distingue des autres essences ou activités humaines. Cette passion pour la politique l'a naturellement amené à s'intéresser à la question du droit, tant il est vrai qu'il est difficile de dissocier ces deux notions. Le droit et la politique s'intègrent dans une vision conflictuelle de la société, qui repose sur l'idée que les diverses activités humaines connaissent des tensions plus ou moins permanentes. Ainsi en est-il particulièrement des rapports entre la morale et la politique. Entre ces deux essences subsiste une tension permanente et irréductible, qui peut parfois prendre la forme d'un conflit. C'est au centre de ce rapport conflictuel que se situe le droit. En effet, grâce au droit, il s'établit une constante interaction entre le politique, la morale, l'économie et la religion. Car le droit n'est pas lui-même une essence originelle, il est un des nœuds des corrélations et des échanges dialectiques entre les essences. Julien Freund le définira d'ailleurs comme " la dialectique entre le politique et l'éthique ". Par ses références philosophiques ou sociologiques - les influences les plus marquantes sont celles de Aron, de Weber, de Schmitt et de Pareto -, par ses choix méthodologiques ou simplement par sa volonté de marquer une distance entre l'être et le devoir être, il est possible de situer Julien Freund dans la lignée de l'école machiavélienne. L'auteur de L'essence du politique atténue toutefois le machiavélisme parfois doctrinal de ses prédécesseurs, par son originalité et la modération qu'il apporte au relativisme et à un certain a-moralisme qui guette les penseurs machiavéliens. L'importance qu'il reconnaît au phénomène juridique dans l'organisation et la stabilité de l'unité politique l'éloigne aussi de tout volontarisme et de tout décisionnisme. Pour ces raisons, Julien Freund pourrait être qualifié, pour reprendre les termes de Raymond Aron, de " machiavélien modéré ".


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Informations

  • Détails : 2 vol.(624 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr.594-609 f., Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque Cujas de droit et de sciences économiques (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : R/T2002-132,1
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  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : G/DT2002-132,1
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