L' image dérobée chez André Gide : une esthétique de la division

par Cyril Moulard

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Pierre Masson.

Soutenue en 2002

à Nantes .


  • Résumé

    Les rapports qu'entretient André Gide avec la représentation visuelle, sont aussi riches que complexes. Ils traversent toute son oeuvre et s'expriment sous la forme d'une esthétique de la division. Ainsi, l'image à l'origine purement informative, semble évoluer à l'intérieur de l'" oeuvre-vie " d'un auteur véritablement protéiforme, se dérober vers une réalité plus confuse, et gagner en profondeur, en signification. De ce support unique et constant que le regard de l'observateur cerne sans difficulté et sans ambigui͏̈tés, Gide propose une utilisation fragmentaire; d'une vitre transparente et homogène, il élabore une mosai͏̈que riche d'une infinité de couleurs, de formes, de possibles. Les limites de cette vision kaléidoscopique sont pourtant bien présentes et viennent troubler la bonne conscience de l'observateur. Voir devient une expérience personnelle et intime qui, par le biais des jeux de double et de reflets mène à l'introspection. Cette profonde connaissance de soi n'est chez Gide qu'un moyen de mieux s'ouvrir au monde des êtres et des choses. Une fois la déception du regard du corps assumée, ses limites éprouvées, ses contradictions mises à jour, commence à se faire jour la subtile éthique de l'image gidienne. La cécité donne accès à la vision de l'esprit, celle qui voit juste et qui ne se laisse pas abuser par les apparences. Le vrai regard est celui qui ne se pose jamais définitivement, celui qui sait rester nomade tout en s'interrogeant inlassablement et avec humilité sur la réalité de ce qu'il perçoit.

  • Titre traduit

    The hidden image in Gide's work : an aesthetics of division


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Informations

  • Détails : 332 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 324-329

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