Origine et évolution des Homo sapiens en Asie du Sud-Est : descriptions et analyses morphométriques de nouveaux fossiles

par Florent Détroit

Thèse de doctorat en Paléontologie humaine

Sous la direction de Dominique Grimaud-Hervé et de François Sémah.

Le président du jury était Henry de Lumley.

Le jury était composé de Dominique Grimaud-Hervé, François Sémah, Marie-Antoinette de Lumley, Frédérique Valentin.

Les rapporteurs étaient Anne-Marie Tillier, Harry Widianto.


  • Résumé

    L'Asie du SE est le cadre géographique de plusieurs problématiques paléoanthropologiques dont les origines des H. Sapiens anatomiquement modernes et l'identité des auteurs des premières navigations puis de la conquête des îles du Pacifique. Les hiatus chronologiques du registre fossile et les incertitudes entourant certaines découvertes anciennes sont en grande partie responsables de ces débats. La mise au jour récente de plusieurs H. Sapiens fossiles en contextes stratigraphique et culturel bien connus et la reprise de travaux de recherche sur certaines découvertes anciennes comblent en partie ces lacunes. Concernant l'origine de ces populations, l'application des analyses Procrustes à l'étude de l'évolution de la calotte crânienne et de ces différentes parties anatomiques permet de distinguer les hominidés indonésiens de la série de Ngandong-Ngawi-Sambungamcan, clairement à l'écart de la lignée menant aux premiers H. Sapiens modernes, des hominidés chinois du Pléistocène moyen très proches de leurs équivalents chronologiques africains. Si à ce stade de nos connaissances une certaine continuité évolutive en Chine ne peut être exclue, aucun argument morphométrique ne vient à l'appui d'une filiation entre les derniers H. Erectus indonésiens et les premiers H. Sapiens d'Indonésie et d'Australie. La description morphologique et métrique des nouveaux restes fossiles sud-est asiatiques entreprise dans ce travail, complétée par la comparaison des sépultures, permet de mettre en évidence une très large variabilité de ces hommes à la fin du Pléistocène supérieur et au début de l'Holocène. Tous les modes funéraires sont représentés (sépultures primaires fléchies et étendues, secondaires, crémations), sans évolution chronologique nette. Depuis la fin du Pléistocène supérieur, l'Asie du SE semble donc se présenter comme une véritable zone d'hybridation de populations humaines entre l'Asie de l'Est, ouverte aux migrations depuis l'ouest, et l'Australie, nécessairement plus isolée.


  • Résumé

    Southeast Asia is the theatre of many current palaeoanthropological debates: the origins of anatomically modern H. Sapiens, the morphological identity of the first navigators and of the first colonizers of remote Oceania. Chronological gaps in the fossil record and many uncertainties (stratigraphical and cultural) surrounding old discoveries are mainly responsible for those debates. Recently discovered fossil H. Sapiens during systematic excavations and exhaustive reassessment of oldest discoveries aim at filling some of these gaps. Concerning the origins of these populations, Procrustes analysis applied to the skullcap allowed us to make a clear distinction between Indonesian hominids from the Ngandong-Ngawi-Sambungmacan series and Chinese hominids dating from the Middle Pleistocene. From a morphometrical point of view, the former group is clearly outside the evolutionary trend towards the first anatomically modern H. Sapiens, whereas the latter is very close to his African counterpart (Middle and early Upper Pleistocene African archaic H. Sapiens). While it seems impossible at the moment to exclude the hypothesis of a local Chinese evolutionary continuity, there is no morphometrical argument to support a direct link between the last Indonesian H. Erectus and the first Indonesian and Australian H. Sapiens. Morphological and metrical descriptions of new Southeast Asian remains proposed in this thesis in comparison with associated burial customs indicate a high morphological and cultural variability since the late Upper Pleistocene and early Holocene. During this time period, all the main burial customs (flexed and stretched primary burials, secondary burials, cremations) are documented, without any clear chronological trends in burial practices. Since the end of the Upper Pleistocene, Southeast Asia seems to be an actual hybridisation area for human populations, between East Asia (open to migrations from the west) and more geographically isolated Australia.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (444 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 373-395

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  • Bibliothèque : Muséum national d'histoire naturelle. Bibliothèque centrale.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Cote : TH 2002 -- 16
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