A la recherche des fondements macro-économiques de l'efficacité micro-économique : analyse comparée d'économies en développement, Afrique, Amérique Latine, Asie émergente

par Ilda Nancy Ema-Otu

Thèse de doctorat en Sciences économiques. Monnaie, banque, finance

Sous la direction de Jean-Michel Servet.

Soutenue en 2002

à Lyon 2 .

  • Titre traduit

    Searching the macroeconomic foundations of the microeconomic efficiency : case of development economies, Africa, Latin America, Emerging Asia


  • Résumé

    Penser autrement le financement des économies en développement, sera-ce sous la forme d'un réel développement financier, d'une intégration monétaire, le nouveau défi que relèvera le monde en développement au XXIè siècle ? Avant de devenir la réalité triomphante de la fin du XXè siècle, le marché et la monnaie, produits de l'auto-organisation, sont deux institutions séculaires, inventées par la communauté des affaires, pour régler le processus d'extinction-création de dette, pour réaliser l'utopie de demain, celle du développement économique. Leur triomphe a pacifié les rapports entre les communautés, entre les nations commerçantes sans garantir pour autant l ‘équité, la paix, la solidarité entre les économies. La globalisation n'a de cesse d'opprimer les moins vertueux. L'Afrique est paradoxalement le seul continent à ne pas avoir réellement tiré partie de la mondialisation, le seul qui soit autant prisonnier de ses particularismes suicidaires, le seul à accuser un retard dans son processus d'intégration financière. On impute ainsi aux systèmes financiers tous les maux réels ou supposés qui contrarient les paris risqués d'entreprise. Qu'il s'agisse du défaut de capital pour financer la création d'entreprise, du manque de trésorerie, de l'étranglement des entrepreneurs sous le poids des charges financières, des contraintes de financement sur les opérations de croissance externe et interne. Consommateurs et entrepreneurs victimes de la répression financière constateront longtemps encore le système financier institutionnel. Ce qui alimente le vivier des circuits financiers parallèles donc la micro-finance. Que les banques délaissent les petites entreprises est exact, mais elles ne parviennent pas à percer l'incertitude des paris risqués d'entreprises. Elles ne disposent pas de garanties suffisantes, d'un système juridique et judiciaire satisfaisants. Quant au sous-développement financier, les autorités monétaires devraient s'interroger sur leurs propres responsabilités dans la persistance de ce phénomène. Car ce sont les politiques qui tardent à accélérer la réforme financière. Ce sont eux qui n'ont pas créer un environnement favorable à l'investissement. Ce sont eux qui portent la responsabilité de la non intégration financière des économies africaines. Les autorités affichent leur volonté de conduire les économies africaines sur la voie d'une libéralisation financière réussie. Encore faudrait-il savoir au bout de combien d'années d'efforts. Après combien de sacrifices. Vingt ans après l'introduction des premiers programmes d'ajustement structurel, on peut redouter que les faibles retombées n'incitent les Etats à faire une pause. Ils peuvent estimer que leurs efforts son vains et ne servent qu'à rembourser la dette. A quoi bon, dès lors ? Ces économies sont peu compétitives. Elles attirent une part négligeable des investissements directs étrangers. Leur marginalisation est criante. On leur fait grief de ne pas réformer efficacement. La question ici n'est pas de trop ou pas assez réformer, mais de bien réformer. Il s'agira de rechercher les véritables fondements macro-économiques de l'efficacité micro-économique dans un espace fortement socialisé marqué par des permanences et des contraintes. Il s'agira aussi de créer les conditions du développement financier et de l'émergence d'une macroéconomie financière, d'engager la réforme structurelle dans la perspective d'une croissance endogène, de restaurer la compétitivité de ces économies donc d'améliorer les niveaux de vie et les conditions d'emploi de milliers d'individus par l'intégration monétaire et financière, de penser la construction africaine qui s'impose avec la force de l'évidence.


  • Résumé

    How can the financing of developing economies be re-evaluated? Is it real financial development or monetary integration that will challenge the developing world in the XXIst century ? Before achieving triumphant reality at the end of the XXth century, the market and currency – the fruit of auto-organization – are two secular institutions. They were invented by the business community to settle the debt extinction-creation process, in order to establish the utopia of tomorrow – economic development. Although their success pacified relations between communities and trading nations, it did not, however, guarantee fairness, peace and solidarity between economies. In fact, globalization continues to oppress the less virtuous. Paradoxically, Africa is the only continent that has not truly benefited from the advantages of globalization; the only on who is still firmly captive of its suicidal characteristics, and the only one who is behind in the process of financial integration. All the real or alleged ills that thwart risky business ventures are thus attributed to financial systems; for instance, a lack of capital to finance the creation of a business, insufficient funds, entrepreneurs stifling due to heavy overheads, and financial burdens on external and internal development operations. Consumers and entrepreneurs affected by financial repression will long continue to dispute the institutional financial system. This adds to the breeding ground of complementary financial systems, such as micro-finance. While banks do indeed neglect small business, they have not, however, managed to determine the uncertainty of risky business ventures. They do not have sufficient guarantees or an adequate legal and judicial system. As regards underdeveloped financial systems, monetary authorities should consider their own responsibilities in the persistence of this phenomenon. Indeed, it is the politicians that hamper the acceleration of financial reform, for they have not created a favorable environment to encourage investment. They are the ones responsible for the deficient financial integration in African economies. However, authorities have demonstrated their determination to steer African economies toward successful financial liberalization. How many years of efforts and how much sacrifice this will take remains to be seen. Twenty years following the introduction of the initial structural adjustment programs, poor effects may prompt states to take a break. They could conclude that their efforts are in vain and are only good for reimbursing the debt. What is the point then? Such economies are not very competitive. They attract an insignificant share of direct foreign investment. Investors fear their marginalization and reproach them for ineffective reforms. The question here is not excessive or insufficient reform, but effective reform. It involves seeking the true macro-economic foundations to micro-economic effectiveness in a highly socialised area marked by permanence and restrictions. It will also involve creating the necessary financial development condition and the emergence of a financial macro-economy; initiating structural reform in the framework of endogenous growth; making these economies competitive, thus improving the quality of life and working conditions for thousands of individuals through monetary and financial integration; and considering the obvious need for constructing Africa.

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  • Annexes : Bibliogr. f. 386-405. Index

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