Le temps des réhabilitations des grands ensembles : pratique architecturale et/ou mode de production urbaine ?

par Fatiha Belmessous

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de François Loyer.

Soutenue en 2002

à Lyon 2 .


  • Résumé

    La pratique architecturale liée à la transformation du bâti (la réhabilitation) a connu des utilisations différentes selon les bâtis concernés. En effet, si jusqu'à la fin des années 1960 réhabiliter consistait à renouveler les centres-villes, depuis les années 1980 ce procédé fut associé à une forme architecturale particulière, le grand ensemble des Trente Glorieuses. L'observation des diverses opérations urbaines et techniques nous a conduit à considérer le procédé à la lecture de multiples expérimentations. Ainsi, nous avons étudié DES réhabilitations et non LA réhabilitation, l'usage du singulier reflétant de manière concomitante une notion implicite de fait unique, de politique globale alors que le pluriel sous-tend des histoires urbaines et des programmes architecturaux. Cette problématique a consisté à démontrer le glissement politique et social d'une pratique professionnelle, devenue le volet urbain de l'action publique en direction des quartiers d'habitat social. A la fin des années 1970, les programmes combinaient un projet social, "faire revenir" les classes moyennes et un projet architectural, faire évoluer le bâti. Toutefois, les chocs pétroliers ont imposé des économies d'énergie déterminant de fait les financements et les programmes sur des aspects techniques telles que les normes thermiques. L'accroissement du chômage et les violences urbaines traversant les années 1980 ont par la suite imprégné ces campagnes de réhabilitation qui mettaient l'accent sur le traitement des façades pour une amélioration de leur image. Il faudra attendre la fin des années 1990 pour que ces programmes s'inscrivent véritablement en termes d'évolution spatiale. L'analyse des dispositifs alors mis en œuvre (enclavement, désenclavement, privatisation et hiérarchisation des espaces) nous interroge sur le retour à un projet de ville conventionnelle, presque mythique, qui participerait à l'établissement de nouveaux modes de vie pour ses résidents.

  • Titre traduit

    Time for the rehabilitation of multi-storey blocks : architectural techniques and/or urban modes of production


  • Résumé

    Architectural techniques, linked to the transformation of buildings or to rehabilitation methods, were used differently according to urban constructions. Until the late sixties rehabilitating meant restoring city centres. From the nineties these techniques were associated with an architectural form (the multi-storey block designed in the post-war decades). The analysis of the sites led us to regard these techniques as experiments. I worked on rehabilitation process, not on rehabilitation itself. Speaking of rehabilitation implicitly suggests a singular technique and a global, general policy. But talking about processes implies urban histories, architectural policies and aesthetic conceptions. I aimed at demonstrating that the resort to these conventional methods, applied to the urban form by governing bodies (private and public housing bodies) and then by state authorities, became a major aspect in government policies towards the areas with multi-storey blocks. In the early seventies, before the introduction of state policies, these methods were combined with a social project ("bringing back" middle classes to these area), and with an architectural plan (transforming buildings). Yet oil crises led to energy saving programmes and changed the way rehabilitation schemes were financed and conceived from technical aspects (e. G. Energy standards). In the eighties the increase in social problems (unemployment, urban violence) affected rehabilitation programmes and highlighted social policies. Rehabilitation plans were concerned with the facades of buildings to improve their image. It was not until the late nineties that these programmes took into account the restructuring of space. The analysis of the plans set up in the urban evolution (the enclosing and opening of areas; their privatisation and classification) led us to think about the return to a conventional, almost mythical, city project, which might help introduce new lifestyles for the people of these areas.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (437 p., 77 p.-[94 p. non paginées])
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 410-430

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