Les résidences services pour personnes vivant seules : de nouvelles formes de voisinage

par Patricia Baumann

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Yves Grafmeyer.

Soutenue en 2002

à Lyon 2 .


  • Résumé

    Les résidences services ont pour particularités de rassembler essentiellement de petits logements (équipés et meublés), de comprendre des espaces collectifs (une laverie, une salle de télévision, etc. ) et d'accueillir un type de ménage particulier: des ménages d'une personne. Leur apparition récente marque une rupture avec la façon dont est traditionnellement envisagé le logement des personnes vivant seules, et qui consiste à rassembler des individus homogènes du point de l'âge (les maisons de retraite) ou de la condition (les résidences étudiantes, les foyers pour jeunes travailleurs). Ici, la structure domestique apparaît comme le critère discriminant et est au contraire revendiquée une "transversalité" des situations. Cette recherche vise à saisir et analyser les effets qu'induit sur la sociabilité de voisinage (relations et perceptions mutuelles), l'agrégation d'habitants unis du point de vue de la situation domestique mais différenciés sous d'autres critères. Elle montre que les deux principales catégories d'habitants (des étudiants et des non-étudiants) forment une configuration relationnelle du type établis-marginaux (référence à Norbert Elias, Logiques de l'exclusion). Les non-étudiants sont en position défavorable dans le rapport de forces qui les oppose aux étudiants (ce sont les "marginaux"). Ils sont stigmatisés, leur présence est imposée comme incongrue, illégitime. Ceci nous conduit à nous intéresser aux fondements de la hiérarchie des statuts et du pouvoir symbolique des étudiants, ainsi qu'à la façon dont les non-étudiants intériorisent, vivent, interprètent et gèrent le processus de stigmatisation.

  • Titre traduit

    Residential apartment buildings with services for singles: new forms of neighbourhood


  • Résumé

    The residential flats with services have the characteristics of gathering small housings (equiped and furnished), of including collective areas (laundry room, TV room, etc. ) and of greeting a type of special household: single household. Their recent appearance shows the break with the way accomodation of people living alone is traditionally considered, and which consists in gathering standard-aged individuals (old people's homes) or people from the same background (students'housings, young workers'hostels). Here, the domestic structure appears as the discriminating criterior and a "transversality" of situations is claimed instead. This research aims at understanding and analysing the effects which the aggregation of inhabitants - close regarding their domestic situations but diverse under other criteriors - infers on the sociability of the neighbourhood (mutual perceptions and relations). It shows that the two main categories of inhabitants (students and non-students) constitue a relational configuration of the type established/unconventionals (reference to Norbert Elias, Logiques de l'exclusion). Non-students are in an unfavorable position in power struggle which brings them into conflict with the students (they are "the unconventionals"). They are stigmatized. Their presence is imposed as weird and illegitimate. It leads us to take interest in the foundations of the status hierarchy, and of the symbolic power of students as well as in the way non-students internalyse, live, interpret and control the stigmatization process

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 328 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 277-283

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Lumière (Bron). Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.