Pluridisciplinarité et foresterie : recherche, gestion, pédagogie de projet et formation des ingénieurs forestiers

par Mohamad Cheikho

Thèse de doctorat en Sciences. Didactique des sciences agronomiques et forestières

Sous la direction de Pierre Clément.

Soutenue en 2002

à Lyon 1 .

Le jury était composé de Pierre Clément.


  • Résumé

    Une première partie définit les termes " disciplines ", " pluridisciplinarité " et " interdisciplinarité ", et propose le terme d'" antédiscipline " pour désigner un champ scientifique qui, au cours de l'histoire, éclate ensuite en plusieurs disciplines. Initialement liée à des pratiques qui se transmettaient par compagnonnage, la formation des ingénieurs forestiers s'est progressivement disciplinarisée. Aujourd'hui, seul l'élève ingénieur doit faire une synthèse pluridisciplinaire des différents contenus qui lui sont enseignés. Le travail de recherche proprement dit comprend deux phases complémentaires, centrées sur l'analyse de la pluridisciplinarité dans toute approche de la forêt. Lors de ces deux phases, sont mises en jeu les mêmes méthodes d'analyse : identification des contenus disciplinaires, analyse des discours par une approche lexicale (logiciel Alceste) et réalisation de conceptogrammes quantifiant, pour chaque acteur ou situation analysés, la fréquence de sous-systèmes identifiés dans le système forêt. La première phase s'inscrit dans le contexte théorique de la transposition didactique, en recherchant des références possibles pour la pluridisciplinarité de la foresterie dans des entretiens avec des responsables de programmes pluridisciplinaires sur la même forêt (le Mont Ventoux), programmes de recherche et de gestion de cette forêt. Les résultats montrent la rareté de pratiques interdisciplinaires, ces programmes se limitant le plus souvent à juxtaposer des approches très disciplinaires. Ils montrent aussi que chaque acteur a sa conception de la " même " forêt : c'est par sa pratique qu'il définit " sa " forêt. La formation doit donc perdre son illusion d'une forêt objective qui serait à enseigner, et doit clairement annoncer les pratiques de référence qui finalisent un enseignement. Tout comme Martinand le fait pour l'enseignement technologique, nous insistons donc sur l'importance des pratiques sociales forestières comme références de la transposition didactique, à côté des connaissances scientifiques, pour la formation des ingénieurs forestiers. La seconde phase de notre recherche analyse des stages de terrain, lors de la formation des ingénieurs forestiers. L'objectif de ces stages est de pratiquer une pédagogie de projet pour introduire les futurs ingénieurs à la complexité pluridisciplinaire de leur futur métier. Les résultats montrent que la pluridisciplinarité dépend du type de stage : soit elle est uniquement centrée sur des contenus scientifiques disciplinaires, soit elle intègre aussi des questions de terrain qui exigent des approches relevant plus des sciences humaines et sociales, qui ne sont que partiellement présentes dans le cursus antérieur de ces futurs ingénieurs forestiers. En conclusion, un nouveau schéma de la transposition didactique est proposé, qui prend en compte l'organisation de stages de terrain au cours desquels les futurs ingénieurs forestiers sont confrontés à des degrés de complexité que les enseignements disciplinaires de leur cursus n'ont pas pu intégrer : d'une part la complexité de toute forêt qui est à bien des égards unique ; d'autre part la complexité de leur future pratique professionnelle, qui doit intégrer la singularité des acteurs et situations locales, et la gestion pertinente de questions urgentes. Ce qui nécessite des habiletés non réductibles aux savoirs scientifiques disciplinaires enseignés, dont la mobilisation pluridisciplinaire reste cependant indispensable.


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Informations

  • Détails : 2 vol. (287, 483 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 278-287

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