Briser le cycle de la violence : quand d'anciens enfants maltraités deviennent des parents non-maltraitants

par Jacques Lecomte

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Étienne Mullet.

Soutenue en 2002

à Paris, EPHE .


  • Résumé

    Cette recherche a pour but de mieux comprendre les processus qui permettent à des personnes ayant été maltraitées dans leur enfance de devenir des parents non-maltraitants. Plusieurs approches théoriques ont été parallèlement testées. Parmi celles-ci, il faut souligner le rôle majeur joué par le contre-modelage, c'est-à-dire la décision d'agir différemment de ses parents avec ses propres enfants. De façon logique, ce facteur agit de manière interactive : en d'autres termes, les personnes ayant été fortement maltraitées dans leur enfance et qui font preuve de contre-modelage ont moins de probabilités d'agir violemment avec leurs enfants. Un autre facteur a également son importance : le sentiment d'efficacité parentale. Il a un effet direct sur la non-maltraitance, c'est-à-dire qu'il constitue un prédicteur négatif de la maltraitance chez tous les sujets, qu'ils aient été maltraités ou non ; il n'y a pas d'effet d'interaction entre maltraitance subie et sentiment d'efficacité parentale sur la maltraitance agie. Par contre, le fait d'avoir bénéficié de la présence de personnes ayant servi de modèles parentaux (autres que les parents) ou ayant servi de parents de substitution ne constituent pas des prédicteurs de non maltraitance pour les sujets anciennement maltraités. Un résultat non attendu de ce travail est la polarisation des attitudes des personnes qui ont été fortement maltraitées dans leur enfance (que ce soit "seulement" psychologiquement ou à la fois physiquement et psychologiquement). Cette polarisation s'exprime parfois sous forme d'unipolarisation, parfous sous forme de bipolarisation. D'autres fois encore, il s'agit simplement d'une dispersion plus importante des réponses, sans qu'il y ait pour autant polarisation. Il se pourrait que ce fonctionnement constitue une réaction au manque de structures, de repères, que ces personnes ont éprouvé dans leur famille d'origine. Ils se sont ainsi forgés des convictions nettes, des principes clairs, pour conduire leur existence. Un dernier constat est l'importance de l'impact de la maltraitance psychologique. De façon surprenante au premier abord, certains résultats s'avèrent même moins favorables aux personnes qui n'ont subi "que" de la maltraitance psychologique forte, par rapport à celles qui ont subi à la fois une forte maltraitance physique et une forte maltraitance psychologique. Deux études de cas viennent illustrer divers résultats obtenus dans cette recherche. Enfin, diverses pistes de recherche sont proposées, permettant de fournir une meilleure compréhension de certains processus mis à jour au cours de ce travail.


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (302 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p.284-298

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université de Lorraine. Campus lettres et Sciences Humaines. Studothèque Athéna.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.