L'interaction plaquettes sanguines-levures in vivo et ses conséquences

par Sandrine Nail

Thèse de doctorat en Pharmacie. Parasitologie

Sous la direction de Raymond Robert.

Soutenue en 2002

à Angers .


  • Résumé

    Les mycoses systémiques sont en constante augmentation depuis deux décennies. Parmi celles-ci, les candidoses et les cryptococcoses disséminées représentent à elles seules 80% des infections fongiques nosocomiales. Lorsque la dissémination des levures, à partir d'un foyer infectieux primaire, se fait par voie hématogène, elles peuvent interagir avec les composants sanguins en particulier avec les plaquettes. Dans le but d'étudier les mécanismes et les conséquences de l'interaction plaquettes sanguines-levures in vivo, nous avons développé un modèle de levurose disséminée chez la souris. Après injection intraveineuse des levures, leur cinétique de disparition du sang périphérique est très rapide d'où l'hypothèse d'une formation d'agrégats plaquettes-levures qui seraient bloqués dans les capillaires profonds. L'étude du sang des souris inoculées avec C. Albicans, C. Glabrata, C. Tropicalis, C. Parapsilosis, C. Krusei, C. Guilliermondii et S. Cerevisiae montre que plus de 90% des blastospores sont liées à une ou plusieurs plaquettes. Pour C. Neoformans, la présence de la capsule inhibe l'interaction avec les plaquettes. Nous avons également constaté que l'interaction de C. Albicans avec les plaquettes pouvait être affectée par l'EDTA ou l'EGTA, alors que ces agents ne modifient pas l'interaction des autres espèces avec les plaquettes. Deux systèmes de fixation entre les levures et les plaquettes ont été envisagés, un calcium dépendant pour C. Albicans et un calcium non dépendant pour les autres espèces. Les résultats de la microscopie électronique montrent que la fixation des plaquettes sur C. Albicans s'accompagne d'une modification morphologique et d'une agrégation plaquettaire ce qui suggère une activation et donc une libération de composants plaquettaires dont les protéines microbicides plaquettaires (PMP). L'étude de l'action des protéines microbicides plaquettaires induite par l'action de la thrombine (tPMPs) sur différentes levures a montré que S. Cerevisiae est sensible à ces tPMPs alors que C. Albicans et C. Glabrata sont résistantes à leur action microbicide. Nous avons caractérisé comme récepteur fongique pour les plaquettes une mannoprotéine de 55kDa pour C. Albicans et 2 mannoprotéines de 45 et 55 kDa pour S. Cerevisiae. L'utilisation, in vivo, de mutants de S. Cerevisiae pour des gènes codant pour des protéines de masse moléculaire de 45 à 60 kDa a montré que comparativement à la souche sauvage S288C, la capacité des souches PCK1 et TIR4 à fixer les plaquettes est diminuée d'environ 50%. Avec la souche WSC2, cette diminution atteint les 80%. On peut donc supposer que le gène WSC2 code pour une protéine de surface de 55 kDa pouvant se lier aux plaquettes. La comparaison de la séquence d'acides nucléiques du gène WSC2 avec celle du génome de C. Albicans nous donne un pourcentage d'homologie de 63% pour une séquence située sur le contig 2519. Toutefois le gène et sa fonction ne sont pas connus chez cette levure. L'identification chez C. Albicans des gènes intervenant dans l'interaction plaquettes-levures permettra la construction de mutants qui seront ensuite testés in vivo pour l'étude de leur pouvoir pathogène.


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 203 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 168-196

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris). Pôle pharmacie, biologie et cosmétologie.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MFTH 4201
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.