Le système des gauchissements dans la traduction par Montaigne du "Liber Creaturarum" de Raymond Sebond

par Mireille Gounin-Habert

Thèse de doctorat en UFR LACS

Sous la direction de André Tournon.

Soutenue en 2002

à l'Université de Provence .


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  • Titre traduit

    New inflexion system in Montaigne's translation of Raymond Sebond's "Liber creaturarum"


  • Résumé

    Par sa date, 1569, la traduction par Montaigne du Liber creaturarum de Raymond Sebond précède de quelques années l'édition des premiers livres des Essais. Sa réimpression en 1581 prouve que Montaigne n'a jamais renié ce premier travail. Il est vrai que l'on a longtemps considéré comme acquis le fait qu'il ne s'agissait là que d'un premier exercice, occasion pour le futur écrivain de former sa plume. Cependant, l'examen précis des écarts entre texte français et texte latin permet de voir en oeuvre, dès 1569, une attitude critique qui pourrait être la première manifestation de l'écriture sceptique de Montaigne. La traduction de cet ouvrage de théologie catholique se transforme en effet en dénonciation ironique, aussi bien des "plaisantes" et des "sainctes" imaginations des théologiens, que des "vaines" imaginations des non croyants. L'analyse révèle l'existence d'un double système de gauchissements, comme si Montaigne, se trouvant en controverse pour ainsi dire avec lui-même, voulait faire entendre ensemble la voix de la foi et celle de la raison. Les distances prises par le traducteur à l'égard des arguments anthropocentristes et anthropomorphiques de la "théologie naturelle" rendent sensibles les ridicules prétentions de l'homme, lorsqu'il s'arroge le droit de débattre avec autorité de l'essence de Dieu et des intentions de la divinité, ou transforme en calculs d'intérêts la doctrine du salut. Mais elles s'accompagnent en parallèle du renforcement accentué des procédés du discours de piété. La théorie de l'imagination, qui fonde une partie des positions critiques de Montaigne, suggère qu'il est possible de contrôler cette faculté toute puissante, source d'illusion et de chimères, en encourageant chez le Chrétien l'exercice de la contemplation intérieure des images de la Passion, d'une façon qui semble en accord avec la ferveur de dévotion envers le Christ de la seconde moitié du seizième siècle. La première partie de cette étude est consacrée à l'établissement du texte latin utilisé par Montaigne pour mener à bien sa tâche de traducteur.

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Informations

  • Détails : 1 vol .(311 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 276-282. Index

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  • Bibliothèque : Université d'Aix-Marseille (Aix-en-Provence. Schuman). Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire de lettres et sciences humaines.
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